Allemagne : Bilan énergétique du premier semestre 2026

Temps de lecture : 20 min

Les 8 points essentiels

  1. La consommation énergétique en Allemagne affiche 1484 TWh au cours du 1er semestre 2026, soit une baisse de 1,9% par rapport à la même période de l’année précédente (1513 TWh). La morosité économique notamment dans le secteur manufacturier et dans l’industrie de transformation y a contribué. De plus, la hausse des prix de l’énergie aurait eu une incidence considérable sur la consommation énergétique; 
  1. La consommation électrique a légèrement crû, atteignant 262,4 TWh (+ 1,5 TWh par rapport au 1er semestre 2025). La part des énergies renouvelables dans la consommation brute atteint environ 58% ; 
  1. La production brute d’électricité a crû de 10,1 TWh, atteignant 263,5 TWh contre 253,4 TWh au 1er semestre 2025 ; 
  1. Lissée sur les six premiers mois de 2026, le volume de production à partir des énergies renouvelables atteint 152,2TWh, soit 5,6 % de plus qu’au cours de la même période en 2025 (144,1 TWh). Les principales raisons sont le développement du parc de production solaire et éolien en mer, ainsi que les conditions météorologiques plus favorables pour la production éolienne ; 
  1. Le solde allemand des échanges d’électricité a été légèrement importateur (1,3 TWh) au 1er semestre 2026 ; 
  1. L’Allemagne a connu au 1er semestre 2026 un recul de presque un quart des épisodes à prix négatifs par rapport à la même période en 2025. Les prix négatifs ont été toutefois plus fortement négatifs que dans la même période de l’année précédente ; 
  1. Le prix moyen de gros constaté au 1er semestre 2026 sur le marché journalier (day-ahead) était avec 98,69 €/MWh environ 8% supérieur à celui de la même période de l’année précédente. De plus une volatilité élevée des prix de gros a été observée ; 
  1. Malgré la contribution croissante des énergies renouvelables à la production, l’intensité carbone du mix électrique allemand stagne toujours à un niveau élevé.
Source : Bundesnetzagentur/SMARD

Sommaire

Consommation énergétique

Électricité

  • Consommation électrique
  • Production d’électricité
  • Parc de production
  • Échanges transfrontaliers d’électricité
  • Prix de l´électricité
  • Intensité carbone du mix électrique allemand

Bâtiments

Transports

Faits marquants

  • Stratégie gouvernementale en matière de moyens pilotables en backup
  • Révision de la Loi sur la promotion des énergies renouvelables (EEG 2027) et modification du code de l’énergie visant à mieux synchroniser le raccordement de nouvelles installations d’énergies renouvelables avec le développement des réseaux électriques

Références

Consommation énergétique

Selon les calculs provisoires du cabinet AG Energiebilanzen (AGEB 2026), la consommation d’énergie primaire atteint 1483 TWh au 1er semestre 2026, cf. figure 1. Cela représente une baisse de 1,9% par rapport à la même période de l’année précédente (1er semestre 2025 : 1513 TWh).

La morosité économique notamment dans le secteur manufacturier et dans l’industrie de transformation n’a guère eu d’effets susceptibles de stimuler la consommation énergétique. De plus, selon le cabinet AG Energiebilanzen, la hausse des prix de l’énergie aurait exercé une influence considérable sur la consommation énergétique.

Figure 1 : consommation d’énergie primaire par filière au 1er semestre 2026 et évolution en pourcentage par rapport au 1er semestre 2025

La consommation de pétrole a diminué de 8,1% au cours des six premiers mois de 2026. La consommation de gaz naturel a quant à elle enregistré une légère hausse de 1,3%.

La consommation de houille a augmenté de près de 7% au cours des six premiers mois notamment en raison de la progression de plus de 5% de son utilisation dans les centrales thermiques pour la production d’électricité.

La consommation de lignite a diminué de 4,1% par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution reflète la réduction progressive du parc des centrales électriques au lignite dans le cadre de la sortie du charbon, ainsi que leur adaptation à la situation du marché de l’électricité.

La part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie primaire atteint 22,2% contre 20,9% à la même période de l’année précédente. Notamment les conditions météorologiques plus favorables à la production éolienne au 1er semestre 2026 ont contribué à cette augmentation.

La production de chaleur valorisée grâce aux pompes à chaleur électriques a enregistré une hausse de 19%. La consommation de biomasse, qui représente un peu plus de la moitié de la consommation des énergies renouvelables, s’est maintenue sensiblement au même niveau que l’année précédente.

Électricité 

Le Centre de Recherche sur l’Énergie solaire et l’Hydrogène de Bade-Wurtemberg (ZSW) et la Fédération des Industries de l’Énergie et de l’Eau (BDEW) ont publié les résultats préliminaires du secteur électrique du 1er semestre 2026 (BDEW 2026).  Les résultats essentiels sont présentés ci-dessous. 

Consommation électrique 

Au 1er semestre 2026, la consommation électrique a légèrement crû, atteignant 262,4 TWh (+ 1,5 TWh par rapport au 1er semestre 2025). 

Sous l’hypothèse que l’électricité produite à partir des énergies renouvelables serait entièrement consommée en Allemagne, leur part dans la consommation brute (définition : production brute plus le solde des échanges transfrontaliers d’électricité) atteint 58% au 1er semestre 2026.

Conformément aux prescriptions du gouvernement fédéral, il s’agit du taux déterminant pour la réalisation des objectifs en matière d’énergies renouvelables.

Production d’électricité

La figure 2 montre la production brute d’électricité aux premiers semestres 2025 et 2026.

Figure 2 : production brute d’électricité aux premiers semestres 2025 et 2026

Avec 263,5 TWh, la production totale d’électricité en Allemagne a crû de 10,1 TWh par rapport au 1er semestre 2024 (253,4 TWh).

Le parc conventionnel a produit 111,3 TWh contre 109,3 TWh au cours de la même période de l’année dernière.

Lissée sur les six premiers mois de 2026, le volume de production d’électricité à partir des énergies renouvelables atteint 152,2TWh, soit 5,6 % de plus qu’au cours de la même période en 2025 (144,1 TWh).

Les principales raisons sont le développement du parc de production solaire et éolien en mer, ainsi que les conditions météorologiques plus favorables à la production éolienne, soit 68,7 TWh contre 61,2 TWh au 1er semestre de l’année précédente.

La production photovoltaïque a légèrement crû atteignant  52,7 TWh contre 50,7 TWh au 1er semestre 2025.

La production hydraulique a reculé de 0,5 TWh par rapport au 1er semestre 2025 (8,4 TWh) en raison d’une pluviométrie plus défavorable.

La production de la biomasse (21 TWh) est demeurée stable par rapport au volume produit au 1er semestre 2025 (21,5 TWh). 

Parc de production

Fin juin 2026, le parc installé de production a atteint 305 GW dont 224 GW d’énergies renouvelables. Pour plus d’informations, cf. (Allemagne Energies 1). 

Développement du parc des énergies renouvelables au 1er semestre 2926

La figure 3 montre les parcs éoliens, photovoltaïques et de biomasse à mi-2026 par rapport à l’objectif de 2030 selon la Loi sur la promotion des énergies renouvelables de 2023 (BMJV 2025).

Figure 3 : parc des énergies renouvelables à mi-2026 par rapport aux objectifs de 2030 de la Loi EEG 2023

Photovoltaïque 

Le photovoltaïque a progressé de 7,6 GW (UBA 2026), toutefois un peu moins que sur la même période de l’année précédente (+ 8,1 GW). L’objectif intermédiaire, fixé à 128 GW pour fin 2026, sera très vraisemblablement dépassé.

Il est prévu de porter le parc photovoltaïque à 215 GW d’ici fin 2030 (BMJV 2025).

Éolien terrestre

Le développement du parc éolien terrestre s’est également poursuivi, soit  +1.93 GW nets au 1er semestre 2026, c’est-à-dire à peu près la même croissance que l’année précédente (+1,86 GW).

307 éoliennes (437 MW) ont été mises hors service au cours du 1er semestre 2026, une ampleur de démantèlement sans précédent au cours d’un semestre. La durée de vie moyenne des installations démantelées était de 24 ans. La grande majorité des éoliennes mises hors service s’est déroulée dans le cadre de projets de repowering.

Fin 30 juin 2026, le parc s’élevait à environ 70 GW (29 216 éoliennes) selon (Deutsche Windguard 2026).

Pour fin 2026, l’objectif intermédiaire est fixé à 84 GW. Cela impliquerait d’installer environ 14 GW supplémentaires d’ici fin 2026 (cf. figure 4), ce qui semble peu probable.

La loi sur la promotion des énergies renouvelables (EEG 2023) prévoit une progression du parc éolien terrestre à 115 GW d’ici fin 2030.

Éolien en mer

Le parc éolien en mer a connu une augmentation record d’environ 1,08 GW (84 éoliennes) au 1er semestre 2026. Fin juin 2026, le parc s’élevait à environ 10,8 GW (1 764 éoliennes en mer) selon (Deutsche Windguard 2026).

Il est prévu de porter le parc à au moins 30 GW d’ici fin 2030. Cependant, cet objectif ne peut plus être atteint dans le temps restant.

Biomasse

Le parc de la biomasse a reculé de 3 MW par rapport à fin 2025. Il atteint 9.7 GW au 1er semestre 2026 (UBA 2026). Selon le projet de révision de la loi sur la promotion des énergies renouvelables (EEG 2027), l’objectif de 2030 du parc a été légèrement revu à la hausse, passant à 9,5 GW contre 8,4 GW actuellement (BMJV 2025).

Échanges transfrontaliers d’électricité 

Le solde des échanges d’électricité avec les pays voisins a enregistré au premier semestre 2026 un résultat quasi équilibré avec un solde importateur de 1,3 TWh, alors qu’en 2024 et 2025, l’Allemagne avait enregistré, aux premiers semestres, un solde importateur nettement plus important (Allemagne Energies 2025).

Pour la première fois depuis 2023, l’Allemagne est redevenue exportatrice nette au 1er  trimestre 2026, avec un solde de 2,6 TWh. Au 2e trimestre, en revanche, des importations nettes de 3,9 TWh ont été enregistrées.

Prix de l’électricité 

Evolution du prix de l’électricité sur le marché de gros

Depuis le 1er octobre 2025, le marché journalier européen (dit day-ahead) de l’électricité où l’on fixe aujourd’hui le prix de demain est passé de la maille horaire à la maille du quart d’heure dans tous les États membres de l’Union Européenne (CRE 2026). Cette évolution vise à permettre aux acteurs de marché d’ajuster plus finement la production et la consommation dans leur périmètre et permet de mieux intégrer les énergies renouvelables. Bien que les acteurs aient encore la possibilité de soumettre des ordres à la maille horaire, la majorité des volumes échangés a basculé sur la maille du quart d’heure.

La figure 4 montre les prix journaliers moyens de l’électricité (dit « day-ahead ») sur le marché de gros pour la zone Allemagne/Luxembourg aux 1er et 2e trimestres des années 2022 à 2026 (SMARD 2026a ; 2026b).

Figure 4 : Evolution des prix de gros moyens constatés aux 1er et 2e trimestres des années 2022 à 2026 sur le marché journalier (day-ahead) de la zone Allemagne/Luxembourg

La forte hausse des prix suite à la crise énergétique, débutée en 2021 et amplifiée de façon considérable en 2022, s’est atténuée progressivement depuis 2023 sans toutefois retrouver les niveaux d’avant crise.

Au 1er trimestre 2026, le prix moyen de gros de l’électricité sur le marché journalier (day-ahead) a baissé de 8,7% par rapport à la même période de l’année précédente, pour s’établir à 102,17 €/MWh. Il s’est ainsi situé en dessous du prix moyen des pays voisins de 105,43 €/MWh. Cette évolution s’explique principalement par les injections élevées au réseau d’énergies renouvelables et par les prix du gaz plus bas sur l’ensemble du 1er trimestre.

Au 2e trimestre, le prix moyen de gros sur le marché day-ahead s’est établi à 95,21 €/MWh, soit une hausse de 36,5% par rapport aux 69,73 €/MWh enregistrés au 2e trimestre de l’année précédente.

Cette évolution s’explique principalement par la forte hausse des prix de gros du gaz, qui, au 2e trimestre 2026, étaient supérieurs d’environ 25% à ceux du même trimestre de l’année précédente. 

Une volatilité des prix spot de plus en plus élevée

Au 1er semestre 2026, le nombre de quarts d’heure dépassant les 100 €/MWh a augmenté à 9848 contre 7642 au 1er semestre 2025.

Le 1er mai, l’afflux d’électricité solaire sans valeur, combiné à une faible consommation d’électricité, a fait chuter le prix au marché day-ahead au minimum autorisé de -500 €/MWh entre 13h15 et 13h30. Le dépassement de la limite de – 500 €/MWh aurait déclenché, en fonction du niveau de risque, une cascade d’interventions sur le réseau afin de ne pas compromettre la stabilité de celui-ci.

Alors que les excédents importants de la production solaire avaient entraîné des prix de gros négatifs lors de nombreux week-ends au 2e trimestre 2026, les prix de gros ont explosé dans toute l’Europe au cours de la semaine 26 en raison de la vague de chaleur combinée avec une faible production éolienne.

Figure 5 : prix au marché day-ahead à la maille du quart d’heure de la semaine 26, source : Fraunhofer Energy-Charts

Les prix de gros ont atteint des niveaux records en soirée les 23 et 24 juin, cf. figure 5.

En raison de la forte consommation d’électricité des climatiseurs et des groupes frigorifiques, certains pays européens, dont l’Allemagne, n’ont pu garantir l’approvisionnement qu’en mettant rapidement en service des centrales thermiques à combustibles fossiles.

Selon l’institut Fraunhofer (Fraunhofer 2026), la « charge résiduelle » – c’est-à-dire la part de la demande en électricité restante qui n’est pas couverte par l’énergie éolienne et solaire – a atteint 55,7 GW en Allemagne vers 20h45 le 24 juin. En d’autres termes, sans les centrales thermiques à flamme, l’approvisionnement en électricité se serait effondré. Celles-ci n’ont été complétées que dans une faible mesure par des centrales à biomasse, des STEP (Stations de transfert d’énergie par pompage) et des centrales au fil de l’eau.

L’Allemagne a enregistré un prix record sur le marché de gros de 747,10 €/MWh le 24 juin 2026 entre 20h45 et 21h00.

La disponibilité et les modes de fonctionnement des centrales thermiques jouent un rôle important. En été, on procède généralement à des arrêts de tranche, car en raison de la baisse de la demande en électricité et de l’augmentation de l’offre du photovoltaïque, les conditions économiques pour les centrales thermiques sont moins favorables qu’en hiver. C’est pourquoi les centrales thermiques ne sont souvent mises en service que de manière ciblée. Les coûts de démarrage et d’arrêt qui en résultent doivent être amortis au cours des quelques heures de fonctionnement et sont donc répercutés sur le prix de l’électricité.

Episodes de prix spot négatifs 

Les prix négatifs se produisent dans des situations de faible consommation généralement concomitante avec une production d’électricité verte abondante. Au 1er semestre 2026, l’Allemagne a connu un recul du nombre d’occurrences de prix spot négatifs à 1178 quarts d’heures contre 1556 au 1er semestre 2025 (SMARD 2026a ; 2026b).

En revanche, les fluctuations du prix de gros étaient nettement plus marquées à la baisse : – 500,00 €/MWh au 1er  semestre 2026 contre – 250,32 €/MWh au 1e semestre 2025.

Figure 6 : Nombre de quarts d’heure à prix négatif aux premiers semestres de 2022 à 2026

Les gestionnaires de réseau sont tenus d’acheter l’électricité renouvelable indépendamment de la demande et de la vendre au marché de gros.

Intensité carbone du mix électrique allemand 

Selon les premières estimations du cabinet AG Energiebilanzen (AGEB 2026), les émissions de CO₂ ont diminué d’environ 2,5% au cours du 1er semestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Cela correspond à une réduction d’environ 8 Mt CO2.

En revanche, les émissions moyennes de CO2 par kWh restent toujours à un niveau élevé, soit environ 344 g CO2éq/kWh selon (Electricity Maps 2026), malgré une part de presque 58% d’énergies renouvelables à la production brute d’électricité, lissée sur les six premiers mois.

Notamment la faible production des énergies renouvelables variables au 1er trimestre 2025 a conduit à des émissions de CO2 élevées.

Figure 7 : Intensité carbone du mix électrique allemand exprimée en grammes de CO2éq par kWh produit au 1er semestre 2026

En dépit du chiffre record en matière de production photovoltaïque en juin 2026 (13,1 TWh), les centrales thermiques à flamme ont dû prendre le relais après le coucher du soleil en raison d’une faible production éolienne. L’intensité carbone du mix électrique allemand atteint une moyenne de 282 g CO2éq/kWh, soit 10 fois plus qu’en France (28 g CO2éq/kWh) en juin 2026 selon (Electricity Maps 2026).

Bâtiments 

Environ 80% de la consommation énergétique des secteurs résidentiel et tertiaire dépend encore des énergies fossiles. La production de chaleur à partir de sources renouvelables s’est élevée à environ 121 TWh au premier semestre 2026 dans les bâtiments, soit une hausse de 3% par rapport à la même période de l’année précédente (UBA 2026).

L’électrification actuelle du parc de logements est principalement portée par le développement des pompes à chaleur. Elle a augmenté de plus de 19% par rapport au 1er semestre 2025.

Loi sur la modernisation des bâtiments

L’Allemagne a choisi de faire de la loi sur la modernisation des bâtiments l’instrument central de la transition énergétique du parc immobilier, avec un accent particulier sur le remplacement progressif des chauffages fossiles et l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments.

Une nouvelle loi, appelée « Gebäudemodernisierungsgesetz – GModG » (loi sur la modernisation des bâtiments) a été décidée par le gouvernement « plus ouverte aux technologies plus flexibles et plus adaptées à la vie pratique ». Le Parlement allemand et le Conseil fédéral ont donné le feu vert en juillet 2026 (Allemagne Energies 1).

Outre les pompes à chaleur, le chauffage urbain et les installations hybrides, les propriétaires immobiliers pourront continuer à installer des systèmes de chauffage au fioul ou au gaz. À partir de 2029, un pourcentage obligatoire de combustibles renouvelables ou bas carbone serait exigé pour ces systèmes.

Transports

La dépendance aux combustibles fossiles est particulièrement élevée dans le secteur des transports, où ils couvrent plus de 90 % de la consommation d’énergie (Allemagne Energies 2).

Environ 27 TWh provenant de sources renouvelables ont été consommés au cours du premier semestre 2026 dans le secteur des transports. Cela correspond à une hausse d’environ 13% par rapport à la même période de l’année précédente et constitue ainsi le chiffre semestriel le plus élevé jamais enregistré (UBA 2026).

L’électrification est un des leviers permettant de remplacer efficacement l’utilisation des énergies fossiles dans les transports, en particulier en ce qui concerne les transports routiers.

La nouvelle dynamique de ventes depuis la guerre au Moyen-Orient et l’envolée du prix des carburants ont changé la donne. Les voitures 100% électriques atteignent 24,8% des immatriculations de voitures neuves en Allemagne au premier semestre 2026 soit une hausse de 48% par rapport à la même période de l’année précédente (KBA 2026).

Faits marquants

Stratégie gouvernementale en matière de moyens pilotables en backup 

Les centrales à charbon, qui fournissent encore aujourd’hui des services système essentiels au fonctionnement du réseau, vont progressivement disparaître du marché dans le cadre de la sortie du charbon. Dans ce contexte, garantir la sécurité d’approvisionnement devient un enjeu crucial.

Suite à « un accord de principe » avec la Commission Européenne début 2026 dans le cadre des règles européennes sur les aides d’État, le Parlement allemand et le Conseil fédéral (Bundesrat) ont donné en juillet 2026 le feu vert pour une loi (StromVKG) visant à améliorer la sécurité d’approvisionnement en mettant en place de nouvelles installations de production électrique. La loi a été publiée le 21 juillet 2026 au Journal officiel fédéral et est entrée en vigueur le lendemain (Allemagne Energies 1 ; BMJV 2026).

Concrètement, il est prévu de lancer courant 2026 deux appels d’offres (2 fois 4,5 GW) pour la construction de 9 GW de moyens pilotables capables de fournir de l’électricité sans interruption pendant au moins 10 heures consécutives à 80% de la puissance nominale. Les émissions de ces nouvelles installations de production électrique ne doivent pas dépasser 550 g CO2/kWh ce qui exclut les centrales à charbon et au fioul. Les centrales à gaz ayant bénéficié d’une attribution doivent être « prêtes pour l’hydrogène ».

Les soumissionnaires retenus devront mettre à disposition la capacité de production électrique pendant une période de 15 ans. En contrepartie, ils percevront une rémunération annuelle.

De plus un appel d’offres pour 2 GW supplémentaires est prévu en mai 2027 ouvert à toutes les technologies. Des batteries de grande capacité de stockage pourront également bénéficier d’une attribution.

En outre, un marché de capacité sera mis en place à partir de 2031. Il sera mis en œuvre progressivement par le biais des appels d’offres en 2027 et 2029. Le volume de ces appels d’offres reste à déterminer. Les appels d’offres sont en principe ouverts à toutes les technologies capables, en cas de besoin, de fournir une puissance pilotable de manière fiable.

Toutes les installations retenues dans le cadre de la stratégie gouvernementale en matière de moyens pilotables en backup devront être neutres en carbone d’ici 2045 au plus tard.

En résumé, la décision du gouvernement de lancer des appels d’offres pour la construction de 11 GW de moyens pilotables constitue une première étape. Il est toutefois urgent de mettre en place, dans les meilleurs délais, un marché de capacité pérenne offrant des capacités supplémentaires.

Différentes études montrent de très grandes disparités quant au besoin de nouveaux moyens pilotables à l’horizon 2030/35. On peut alors craindre à terme un risque de déficit capacitaire.

Selon le rapport monitoring de l’Agence Fédérale des Réseaux de 2025 sur la sécurité d’approvisionnement en électricité à l’horizon de 2030/35, de nouveaux moyens pilotables d’une capacité de 22 GW à 35,5 GW, selon le scénario retenu, seraient nécessaires d’ici 2035 (Allemagne Energies 1).

Révision de la Loi sur la promotion des énergies renouvelables (EEG 2027) et modification du code de l’énergie visant à mieux synchroniser le raccordement de nouvelles installations d’énergies renouvelables avec le développement des réseaux électriques

Le cabinet des Ministres a adopté fin juillet 2026 une révision de la Loi sur la promotion des énergies renouvelables et une modification du code de l’énergie visant à mieux synchroniser le raccordement de nouvelles installations de production d’énergies renouvelables avec le développement des réseaux électriques. Cela permettrait de réorienter la politique énergétique vers la prévisibilité, la rentabilité et la sécurité d’approvisionnement (BReg 2026).

Le projet de loi EEG 2027 doit entrer en vigueur au plus tard le 1er janvier 2027 car l’autorisation accordée par la Commission Européenne dans le cadre des règles européennes sur les aides d’État pour le soutien aux énergies renouvelables dans la version actuelle (EEG 2023) expire fin 2026.

Ces deux projets de loi doivent être approuvés en septembre 2026 par le Parlement. La loi EEG 2027 doit ensuite être approuvée par la Commission Européenne.

De nombreuses associations environnementales contestent la baisse prévue des subventions. Citation tirée du journal Die Welt (Die Welt 2026) : « Le lobby de l’électricité verte est accro aux subventions comme un toxicomane à sa dose ».

Une bataille acharnée entre les groupes de pression s’annonce en septembre au Parlement autour du financement des énergies renouvelables.

Révision de la Loi sur la promotion des énergies renouvelables (Erneuerbare Energien Gesetz – EEG 2027)

La révision de la loi EEG (amendement EEG 2027) vise une transition vers les lois du marché et les exigences des réseaux électriques avec une obligation progressive de commercialisation directe de l’électricité et un développement plus rentable et prévisible des énergies vertes.

Parallèlement, le gouvernement maintient son objectif de couvrir environ 80% de la consommation d’électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030. Les objectifs intermédiaires annuels fixes seront supprimés. À la place, il sera vérifié chaque année si le développement de l’éolien et du photovoltaïque est toujours en bonne voie.

Les nouvelles règles s’appliquent exclusivement aux nouvelles installations mises en service à partir de 2027.

Il est notamment prévu de :

  • passer progressivement d’un système de tarifs fixes vers des modèles plus orientés marché, basés sur la commercialisation directe ;
  • mettre davantage l’accent sur le photovoltaïque au sol. Le photovoltaïque bâtimentaire offre déjà aujourd’hui, sans aide financière, de bons rendements. Pour les installations > 50 kW une obligation de commercialisation directe sera mise en place à partir de 2027. Ensuite l’obligation de commercialisation directe sera mise en place pour les installations < 50 kW. Le seuil de puissance pour l’obligation de commercialisation directe est progressivement abaissé ;
  • développer des parcs éoliens et solaires davantage dans les régions où les réseaux électriques sont en mesure d’absorber un volume supplémentaire d’électricité injecté ;
  • lancer des appels d’offres supplémentaires portant sur une capacité de 12 GW éoliens terrestres. Les nouvelles unités de production doivent servir à la gestion des réseaux par une meilleure répartition territoriale ;
  • encourager l’association des systèmes de stockage par batterie notamment avec des nouvelles capacités photovoltaïques afin de soulager la gestion des réseaux électriques ;
  • mobiliser davantage la biomasse comme réserve de flexibilité afin de compenser les fluctuations de la production éolienne et solaire. Dans cette perspective, l’objectif de puissance installée à l’horizon 2030 a été légèrement relevé, passant de 8,4 GW actuellement à 9,5 GW.

Modification du code de l’énergie visant à mieux synchroniser la mise en service de nouvelles installations de production d’énergies renouvelables avec le développement du réseau et à améliorer les modalités de leur accès aux réseaux

À ce jour, le code de l’énergie ne prévoit aucune incitation pour synchroniser le développement des énergies renouvelables avec celui du réseau. Les installations d’énergies renouvelables bénéficient d’un droit illimité au raccordement au réseau et à l’injection d’électricité, que le réseau de la région concernée soit déjà fortement sollicité ou non, et que l’électricité puisse ou non être acheminée.

Lorsqu’une nouvelle installation d’énergie renouvelable est raccordée dans une région où le réseau est déjà surchargé, on peut souvent prévoir qu’elle ne pourra pas toujours injecter de l’électricité. Dans de tels cas le gestionnaire de réseau recourt au « redispatching », c’est-à-dire réduit l’injection d’électricité pour éviter la congestion du réseau.

Pour l’électricité non injectée, les exploitants perçoivent néanmoins une indemnisation financière. Les coûts de redispatching liés à l’électricité verte qui ne peut être injectée en raison de congestions du réseau ont atteint environ trois milliards d’euros en 2025 cf. (Allemagne Energies 2). Cette somme est répercutée sur les consommateurs et augmente ainsi le coût de l’électricité.

C’est pour cela que le gouvernement fédéral souhaite mieux synchroniser le développement des énergies renouvelables avec celui des réseaux électriques et inciter l’implantation de nouveaux parcs éoliens et solaires là où la capacité du réseau est suffisante.

Les gestionnaires de réseaux de distribution auront donc la possibilité de désigner certains tronçons de réseau comme « à capacité limitée ». Il s’agit des tronçons fortement sollicités qui ne seront vraisemblablement pas en mesure d’absorber intégralement l’électricité verte injectée. Sur ces tronçons, les exploitants de nouveaux projets d’énergies renouvelables doivent à l’avenir assumer eux-mêmes le risque économique lié à d’éventuelles limitations de puissance d’injection s’ils s’y raccordent.

Face à une concurrence croissante, la demande de raccordements des installations au réseau dépasse de plus en plus souvent la capacité du réseau local. C’est pour cela qu’il est prévu de permettre aux gestionnaires de réseau de hiérarchiser les demandes concurrentes de raccordement émanant des producteurs renouvelables et des stockeurs d’électricité.

Références 

AGEB (2026) Preissensibilität prägt Energieverbrauch, Erneuerbare, Steinkohle und Erdgas im Plus / CO₂-Emissionen sinken, Daten für das 1. Semester 2026. AG Energiebilanzen, 04.08.2026, en ligne : https://ag-energiebilanzen.de/preissensibilitaet-praegt-energieverbrauch/

Allemagne Energies (1) Le tournant énergétique allemand, en ligne : https://allemagne-energies.com/tournant-energetique.

Allemagne Energies (2) Énergies renouvelables : de nombreux défis, en ligne : https://allemagne-energies.com/energies-renouvelables/

 Allemagne Energies (2025) Allemagne : Bilan énergétique du premier semestre 2025, en ligne : https://allemagne-energies.com/2025/07/19/allemagne-bilan-energetique-du-premier-semestre-2025/

 Allemagne Energies (2026) Allemagne : les chiffres clés de l’énergie en 2025. Allemagne Energies. En ligne : https://allemagne-energies.com/2026/01/07/allemagne-les-chiffres-cles-de-lenergie-en-2025/.

BDEW (2026) Rekord: Erneuerbare decken 58 Prozent des Stromverbrauchs im 1. Halbjahr 2026, Communiqué de presse commun ZSW et BDEW du 01.07.2026, Zentrum für Sonnenenergie- und Wasserstoff-Forschung Baden-Württemberg (ZSW) et Bundesverband der Energie- und Wasserwirtschaft (BDEW), en ligne : https://www.bdew.de/presse/rekord-erneuerbare-decken-58-prozent-des-stromverbrauchs-im-1-halbjahr-2026/

BMJV (2025) Gesetz für den Ausbau erneuerbarer Energien (Erneuerbare-Energien-Gesetz – EEG 2023), Bundesministerium für Justiz und für Verbraucherschutz, en ligne : https://www.gesetze-im-internet.de/eeg_2014/EEG_2023.pdf

BMJV (2026) Gesetz zur Sicherung der Versorgungssicherheit Strom und zur Bereitstellung neuer Kapazitäten. BGBl. 2026 I Nr. 210a vom 21.07.2026. Bundesministeriums der Justiz und für Verbraucherschutz – BMJV. En ligne : https://www.gesetze-im-internet.de/stromvkg/index.html.

BNetzA (2026a) Kraftwerksliste (Datenstand 26.06.2026), Bundesnetzagentur, en ligne : https://www.bundsnetzagentur.de/DE/Fachthemen/ElektrizitaetundGas/Versorgungssicherheit/Erzeugungskapazitaeten/Kraftwerksliste/start.html

BReg (2026) Kabinett beschließt EEG-Novelle und Netzpaket, Bundesregierung, en ligne : https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/kabinett-eeg-novelle-netzpaket-strom-2448636

CRE (2026) Eclairage sur les marchés de gros de l’électricité – numéro 1 – Le passage du marché journalier au pas de temps 15 minutes : retour sur les volumes échangés et les variations de prix observées https://www.cre.fr/documents/rapports-et-etudes/eclairage-sur-les-marches-de-gros-de-lelectricite-numero-1-le-passage-du-marche-journalier-au-pas-de-temps-15-minutes-retour-sur-les-volumes-echanges-et-les-variations-de-prix-observees.html

Deutsche Windguard (2026) Windenergie-Statistik: 1. Halbjahr 2026, en ligne : https://www.windguard.de/id-1-halbjahr-2026.html

Die Welt (2026) Die Ökostrom-Lobby hängt an den Subventionen wie ein Junkie an der Nadel, en ligne : https://www.welt.de/wirtschaft/plus6a6b51c9b5b26399f0be155a/energiewende-die-oekostrom-lobby-haengt-an-den-subventionen-wie-ein-junkie-an-der-nadel.html?source=puerto-reco-2_ABC-V50.5.B_schlagzeilen

Electricity Maps (2026) Deutschland. Spezifische CO2 – Emissionen. En ligne : https://app.electricitymaps.com/zone/DE/all/monthly

Fraunhofer (2026) Energy-Charts, Fraunhofer ISE, en ligne : https://www.energy-charts.info/index.html?l=fr&c=DE

KBA (2026) Neuzulassungen von Personenkraftwagen (Pkw) im Jahresverlauf 2026 nach Marken und alternativen Antrieben, Communiqué de presse du 15.07.2026, Kraftfahrt-Bundesamt, en ligne : https://www.kba.de/DE/Presse/Pressemitteilungen/AlternativeAntriebe/2026/pm29_2026_Antriebe_06_26_komplett.html

RWTH Aachen University (2026) Battery Charts. ISEA; E.ON Energy Research Center; CARL; RWTH Aachen University. En ligne : https://battery-charts.de/de/home-de/.

SMARD (2026a) Der Strommarkt im 1.Quartal 2026, Bundesnetzagentur, en ligne : https://www.smard.de/page/home/topic-article/444/220298/nettoexport-von-strom-im-ersten-quartal

SMARD (2026b) Der Strommarkt im 2.Quartal 2026, Bundesnetzagentur, en ligne : https://www.smard.de/page/home/topic-article/219708/221002/erzeugung-und-verbrauch-leicht-gestiegen

UBA (2026) Erstes Halbjahr 2026: Erneuerbare Energien wachsen in allen Sektoren, Communiqué de presse du 15.07.2026 Umweltbundesamt, en ligne : https://www.umweltbundesamt.de/presse/pressemitteilungen/erstes-halbjahr-2026-erneuerbare-energien-wachsen

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