Le tournant énergétique allemand

(dernière mise à jour de l´article le 05.02.2019)

Temps de lecture 8 – 10 min

Introduction

Le terme « tournant énergétique » (Energiewende en allemand) désigne en règle générale les décisions prises par le gouvernement fédéral allemand suite à l’accident de Fukushima en 2011. Le mot  « Energiewende » a été adopté parce qu´il s´agit une décision radicale. Le mot « Die Wende » (le tournant) était déjà utilisé en 1989 pour désigner le processus de changement après la chute du mur à Berlin.

Le tournant énergétique repose essentiellement sur le concept énergétique du gouvernement de septembre 2010  (BMWi et BMU 2010) à la différence près qu´en 2010 le nucléaire devait encore bénéficier d’une prolongation de fonctionnement au titre de technologie de transition.

Sur le plan politique, la première « transition énergétique », parfois  appelée « petit tournant énergétique » remonte à la coalition entre le Parti social-démocrate (SPD) et Les Verts (Bündnis 90/Die Grünen), au pouvoir entre 1998 et 2005. Ce paquet comprenait :

  • une taxe sur l’électricité (Stromsteuergesetz), introduite en 1999 pour réduire la consommation d´électricité et les émissions CO2 ainsi que pour financer la baisse de la cotisation de retraite.
  • une loi sur les énergies renouvelables appelée EEG (Erneuerbare Energien Gesetz), entrée en vigueur en 2000 pour créer un cadre favorable à la production d’électricité d’origine renouvelable grâce à un tarif d’achat garanti sur 20 ans (FIT : feed-in tariff) et à l’obligation pour les gestionnaires de réseau d’acheter en priorité cette électricité.
  • une loi de sortie du nucléaire (Gesetz zur geordneten Beendigung der Kernenergienutzung) en 2002 qui fixe à chaque réacteur un quota – en térawatt heure – restant à produire avant son arrêt définitif, toutefois sans spécifier une date d´arrêt fixe.

Les principaux objectifs du tournant énergétique de 2011 sont (BMWi 2019a) :

  • Sortie progressive du nucléaire d´ici 2022 et à terme des centrales à charbon et lignite (une commission préconise une sortie progressive du charbon d´ici 2038 (Allemagne-Energies 2019a))
  • Développement des énergies renouvelables, notamment éolien et solaire
  • Économies d´énergie
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre (neutralité carbone d´ici 2050)

Mesures phares de la transition énergétique française et allemande

Les deux pays se sont engagés dans une transformation importante de leurs systèmes énergétiques avec la mise en œuvre, pour la France, de la loi de « Transition Energétique relative à la Croissance Verte (LTECV) » complétée par les outils de planification (OIE 2018), la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) et la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et pour l´Allemagne les dispositions du  « Tournant Énergétique » . Au niveau des objectifs on peut retenir la forte convergence des stratégies française et allemande.

La figure 1 expose les mesures phares de la transition énergétique allemande (BMWi 2019a) et française (MTES 2016b, 2018b, 2019). En absence de toute indication dans la documentation nationale, les objectifs 2020 de ce tableau reposent sur les chiffres du paquet énergie-climat de l´Union Européenne  (CE 2018b). Un bilan d´étape concernant la réalisation des objectifs du paquet énergie-climat de l´UE 2020 en France et en Allemagne est publié au site web (Allemagne-Energies).

Mesures phares 1_2019_1
Figure 1 : Les mesures phares de la transition énergétique France vs. Allemagne

Lutte contre le réchauffement climatique : Les deux pays, suite à l’accord de Paris et pour montrer l’exemple, visent la neutralité carbone d´ici  2050 (BMU 2016a; MTES 2018c; BMU 2016b; MTES 2018a). L´objectif de neutralité carbone n’est pas de même nature qu’un objectif de réduction d’émissions. En effet, un certain niveau d’émissions paraît incompressible, en particulier dans les secteurs non énergétiques (agriculture et procédés industriels). Atteindre la neutralité carbone implique donc de compenser ces émissions par des puits de carbone, naturel et technologique comme la capture et stockage ou réutilisation du carbone. La neutralité carbone s’atteindra donc au moment où la quantité de gaz à effet de serre émise chaque année sur le territoire sera équivalente à la quantité de CO2 absorbée par les puits de carbone du territoire.

Part des énergies renouvelables à la consommation d´énergie finale : il s´agit de la contribution à l´objectif européen « paquet énergie climat 2020 et 2030 ». L´objectif 2020 de la France est de 23% (MTES 2016a) et l’Allemagne se contente de 18% c´est-à-dire un objectif inférieur à celui de l´Union Européenne de 20%.

L’Union Européenne (CE 2018a) a fixé pour objectif à l’horizon 2030 une part des énergies renouvelables d’au moins 27 % à la consommation d’énergie. L´objectif 2030 de l’Allemagne est de 30%. La loi de transition énergétique française prévoyait que 32% de la consommation d’énergie en 2030 soient d’origine renouvelable (32% en 2028 selon (MTES 2019)). Cette progression des énergies renouvelables est prévue dans toutes les filières mais devrait être particulièrement marquée dans le secteur électrique.

Part des énergies renouvelables dans la consommation d´électricité : l´Allemagne met  l’accent sur l´augmentation de la part des énergies renouvelables dans le secteur de l´électricité, notamment en utilisant la technologie de l’éolien et du photovoltaïque. Pour 2030 le gouvernement allemand vise maintenant une part de 65% d´énergies renouvelables à la consommation brute d´électricité au lieu de l´objectif initial de 50% (Allemagne-Energies 2018b).

La loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoyait de porter à 40% la part des énergies renouvelables dans la production d´électrique française en 2030. (MTES 2016b). Selon le projet de la programmation pluriannuelle de l´énergie (PPE) 27% de la production d´électrique en 2023 et 36% en 2028 (MTES 2019). Hors hydroélectricité, il est prévu de multiplier par 2 les capacités électriques renouvelables d’ici à fin 2023 et par 4 d’ici à fin 2028. Les principales filières bénéficiant de cette évolution sont le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre (MTES 2019).

Efficacité énergétique : L´efficacité énergétique est un pilier majeur de la transition énergétique française et allemande. Au niveau réduction de la consommation et baisse d´intensité ou augmentation de la productivité énergétique, les objectifs sont assez semblables (à l’exception de la base – 2008 ou 2012- et la référence  -énergie primaire ou énergie finale-) et conformes aux objectifs de l´Union Européenne pour 2020.

Le Conseil européen a adopté un objectif indicatif en matière d’économies d’énergie de 27 % d’ici 2030 (CE 2018a). Cet objectif sera revu en 2020, dans la perspective de le porter à 30%.

La France a mis un objectif de réduction de la consommation finale d´énergie de – 7% en 2023 et de – 14% d´ici 2028 par rapport à la référence 2012 (MTES 2018b).  Pour l´instant, l´Allemagne n´a pas communiqué officiellement un objectif quantitatif pour 2030. En supposant une extrapolation linéaire de l´objectif 2020, une réduction de la consommation énergétique primaire de – 30% par rapport à la référence 2008 serait possible selon un premier projet de plan national énergie-climat du ministère de l´économie et de l´énergie BMWi  (OFATE 2019).

Nucléaire : Les objectifs pour le nucléaire sont un choix purement national.  L´objectif initial de la France de réduire la part du nucléaire à 50% de l’électricité produite en 2025 (MTES 2016b) a été reconnu comme irréaliste par le pouvoir politique. Le gouvernement français s´est fixé pour nouvel objectif d’atteindre une part du nucléaire au sein du mix électrique de 50% à l’horizon 2035  (MTES 2018b, 2019). Pour réduire le nucléaire à 50%, 14 réacteurs seront arrêtés d’ici à 2035 (dont les deux de Fessenheim). Cela représente un quart des réacteurs en activité.

Mais contrairement à l´Allemagne où la sortie définitive du nucléaire d´ici 2022 est considérée comme irréversible, la réduction de la part du nucléaire à 50% de la production d’électricité n’est pas la sortie du nucléaire en France.

Le tournant énergétique du secteur électrique

Le tournant énergétique se caractérise par une focalisation sur le secteur électrique. Or, pour mémoire, le secteur électrique émet environ  ⅓ des émissions totales de gaz à effet de serre du pays et représente un quart de la consommation finale d´énergie. La figure 2  résume à titre indicatif les grandes lignes.

TE_1
Figure 2 : Tournant énergétique du secteur électrique : Sortie du nucléaire, développement massif des énergies renouvelables, économies d´énergie et réduction des émissions CO2

Le tournant énergétique du secteur électrique est caractérisé par la renonciation à la technologie des centrales électriques classiques, éprouvée depuis des décennies et le développement massif des énergies renouvelables. La plus grande partie de l´électricité serait fournie par les installations des filières fatales (éolien, solaire). Une partie de l´électricité renouvelable pourrait être importée de l´étranger.

Concernant l´efficacité énergétique, on prévoit d´ici 2050 une baisse de la consommation de l´électricité nationale d´au moins 25%. La consommation est estimée à 465 TWh dont 80% produits par les énergies renouvelables.

Ce scenario d´objectif établi en 2011 est toujours d’actualité mais pourrait être soumis à des modifications.  Pour atteindre le nouvel objectif du gouvernement allemand de  « neutralité carbone » d’ici 2050, l´idée est l’utilisation renforcée des énergies renouvelables en mettant en lien les trois secteurs : chaleur et refroidissement (bâtiment), le transport et l‘électricité.

L’Agence allemande pour les énergies renouvelables (AEE) a comparé en 2016 les résultats de 25 études prospectives (AEE 2016) sur les besoins en flexibilité du système électrique et des possibilités d’équilibrage via l’utilisation d’électricité pour la chaleur et les transports ainsi que pour la production de carburants (power-to-x). Plusieurs études supposent qu´une baisse de la consommation de l´électricité ne serait pas possible malgré l´augmentation significative de l´efficacité énergétique. Certaines études considèrent  même qu’il faudrait augmenter la consommation d´une façon substantielle en raison de l´utilisation croissante de l électricité dans les autres secteurs.

Les coûts du tournant énergétique

De toutes les critiques entendues en France contre le tournant énergétique allemand, celle qui revient sans doute avec le plus de régularité concerne le coût.

Etude de l´institut de Düsseldorf (DICE)

L´institut de Düsseldorf (DICE) a fait une étude à la demande de l´INSM (Initiative Neue Soziale Marktwirtschaft)  (INSM 2016) sur les coûts inhérents de la transition énergétique pour le seul secteur de l´électricité et hors investissements pour les énergies renouvelables.

Selon cette étude, les coûts cumulés pour 2000 à 2025 sont estimés à 520 milliards d´Euros (voir figure 3), financés en grande partie par le consommateur. Et les coûts ne s’arrêteront pas pour autant en 2025.

couts DICE_1
Figure 3 : Estimation des coûts cumulés de 2000 à 2025 du tournant énergétique dans le secteur de l´électricité

La plus grande part est constituée par les charges de soutien aux énergies renouvelables soit  la différence entre le prix garanti fixé par la loi et le prix du marché. Ensuite viennent les coûts nécessaires au développement du réseau de transport et de distribution pour acheminer l’électricité éolienne produite dans le nord vers le sud et l’ouest de l’Allemagne.

Les plus grands postes de ces 27,5 milliards d´Euros « Divers » sont le maintien de la stabilité du réseau et la dépréciation comptable du parc thermique pour cause de rentabilité réduite.

Les coûts induits par les taux très préférentiels pour les investissements dans les énergies renouvelables sont estimés à 6 milliards d´Euros.

En revanche les prix négatifs en Allemagne sur le marché EPEX spot de la bourse à Paris qui suscitent toujours un grand intérêt en France ne représentent qu’une faible part du coût total du tournant énergétique du secteur de l´électricité, à savoir 0,1%.

Dans sa réponse à une question du parlement  (Deutscher Bundestag 2017) le gouvernement allemand a mis en doute l´étude de l´institut de Düsseldorf en décembre 2017. Selon le gouvernement, les coûts de la transition énergétique ne peuvent pas être déterminés en additionnant quelques postes isolés du système électrique actuel (soutien des énergies renouvelables, le tarif d´utilisation du réseau, etc.).

Seule la comparaison des coûts d´un système  avec et sans transition énergétique permettrait de déterminer les coûts supplémentaires. Si à la lumière de cette comparaison résultaient des coûts supplémentaires, il faudrait en outre les comparer avec ceux induits par une aggravation de la pollution et les conséquences à long terme sur le changement climatique résultant d´un système sans transition énergétique. La comparaison fiable des coûts ne serait pertinente que sur cette base. Le gouvernement allemand ajoute qu´à sa connaissance, il n´existe pas d´ étude complète des coûts discernant précisément les avantages pour l’homme et l’environnement d´un système énergétique non polluant.

Critiques faites au tournant énergétique

Rapport de la Cour des comptes allemande 2018

La Cour des Comptes allemande  critique vigoureusement dans son rapport spécial, publié en septembre 2018  (Allemagne-Energies 2018d), le pilotage de la transition énergétique par le Ministère fédéral de l´Economie et de l´Energie. Les performances affichées de la transition énergétique divergent fortement des objectifs fixés. La plupart des objectifs principaux à l´horizon 2020 ne seront pas atteints.

Le gouvernement n´a formulé jusqu´à maintenant aucun objectif concernant les coûts du tournant énergétique, bien que la transition énergétique ait coûté 160 milliards d´Euros les derniers 5 ans. En 2017 les charges financières sont estimées à plus de 34 milliards d´Euros par la Cour des comptes dont 26,5 milliards d´Euros sont les charges payées par les consommateurs et 7,9 milliards d´euros des paiements et pertes de recettes de l´état.

La Cour des comptes suggère d´instituer un cadre juridique et des incitations économiques pour induire un comportement plus écologique. Il conviendrait par exemple de prévoir une taxe carbone à la place des diverses taxes et redevances actuelles.

Selon la Cour des comptes la transition énergétique est actuellement mal gérée. Le Ministère fédéral de l’Economie et de l’Energie se devrait d’apporter rapidement des améliorations significatives à la coordination et au pilotage de la transition énergétique.

Mauvaises performances climatiques

Malgré un exceptionnel développement des énergies renouvelables, l’Allemagne est, selon le dernier rapport monitoring du gouvernement (Allemagne-Energies 2018c),  en passe de manquer la plupart des objectifs qu’elle s’était fixés dans sa transition énergétique lancée en 2011.

Notamment la mesure phare, la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d´ici 2020 par rapport à 1990, est déjà hors de portée. Les émissions de gaz à effet de serre stagnent depuis des années (Allemagne-Energies 2019b). Selon le gouvernement, l’Allemagne fera désormais tout pour respecter l’objectif de 2030, qui prévoit une réduction de 55 % des émissions par rapport à 1990 (Allemagne-Energies 2018b). De nombreuses mesures sont proposées engageant une transformation structurelle dans des secteurs clés, comme l’industrie du charbon ou de l’automobile pour arriver à une réduction de 55% d´ici 2030.

Avec le plan de protection du climat à l’horizon 2050 « Klimaschutzplan 2050«  (BMU 2016b), adopté en novembre 2016 par le gouvernement allemand,  l´Allemagne s´engage non seulement sur une réduction de 55% d´ici 2030 mais aussi sur la « neutralité carbone » d´ici 2050 en réduisant très fortement les émissions nationales de 80 % à 95 % par rapport à 1990.

Néanmoins, le doute s’est installé sur la capacité de l’Allemagne à tenir ses engagements climatiques. Les mesures actuellement engagées et notamment la focalisation du tournant énergétique sur le secteur électrique s´avèrent insuffisantes.

Pour atteindre la neutralité carbone, l´Allemagne doit investir plus pour le climat

En effet, des études pointent du doigt  le fait que la neutralité carbone à l’horizon 2050 ne serait pas atteinte avec les mesures actuellement engagées. Les investissements en faveur du climat seraient très inférieurs à ce que l´Allemagne devrait mobiliser pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés.

Une initiative « Systèmes énergétiques futurs » (ESYS) travaillant sous l´égide de l´académie allemande des sciences techniques « acatech » a publié en novembre 2017 une étude intitulée « Couplage des secteurs – option pour la prochaine phase de la transition énergétique » (ESYS 2017).  Selon l´étude, la poursuite de la tendance de développement des années passées conduirait à un écart significatif par rapport aux objectifs fixés. Rien que l´objectif – 85% d´émissions à l’horizon 2050 par rapport à 1990 nécessiterait des coûts d´investissement  supplémentaires  autour de deux billions d´Euros, soit environ 60 milliards d´Euros par an en moyenne sur les 33 prochaines années, ce qui correspond à presque 2% du PIB de 2016.

Une étude commandée par la Fédération de l´Industrie allemande (BDI: Bundesverband der Deutschen Industrie e.V.), publiée en janvier 2018, analyse en détail les investissements supplémentaires par rapport à un scenario de référence c´est -à-dire les mesures actuellement engagées dans le cadre de la transition énergétique pour atteindre les objectifs du plan de protection du climat à l’horizon 2050 (BDI 2018) ,(Allemagne-Energies 2018a).

Avec les mesures actuellement engagées la réduction des émissions de gaz à effet de serre n’atteindrait que 61% par rapport à 1990, donc insuffisante pour atteindre les objectifs du plan de protection du climat à l’horizon 2050.

L´objectif – 80% d´émissions par rapport à 1990 nécessiterait des investissements de 1500 milliards d´Euros, soit, compte tenu des économies sur les importations d’énergies fossiles, un coût réel de 470 milliards d´Euros. L´objectif « neutralité carbone » (- 95 % d´émissions par rapport à 1990) nécessiterait des investissements de 2300 milliards d´Euros (coût réel : 960 milliards d´Euros) c´est-à dire des coûts annuels moyens de 1,8% du PIB d´ici 2050.

L´objectif de  – 80% d´émissions par rapport à 1990 serait techniquement faisable et économiquement supportable, en revanche celui de – 95% d´émissions serait à la limite de la faisabilité et de l’acceptabilité sociale. Cela exigerait des émissions quasi nulles pour une grande partie de l´économie nationale, impliquant la renonciation dans une large mesure au combustible fossile, l´importation de carburant synthétique et le recours à des technologies impopulaires comme le captage et le stockage du dioxyde de carbone.

Néanmoins, l´étude de la puissante Fédération de l´industrie allemande montre que le scepticisme affiché au début par l´industrie allemande et notamment l´industrie électro-intensive  vis-à-vis du tournant énergétique a fait place à un écho plus favorable.

En effet,  l’objectif national de protection du climat ouvre à l’industrie allemande des opportunités fructueuses sur le marché mondial des produits « climat – énergie ». Le volume du marché annuel mondial des produits climat – énergie « les GreenTech » est gigantesque. Les taux de croissance sont estimés à plus de 2 milliards d´Euros par an pouvant dépasser un volume de 5900 milliards d´Euros d´ici 2025 (BMU 2018).

Suivi du tournant énergétique

L’évolution du tournant énergétique est suivie en permanence. Le principal pilier est le rapport annuel du ministère fédéral de l´économie et de l´énergie. Tous les trois ans, le rapport annuel est complété par un rapport d’avancement stratégique  (BMWi 2019b).

A coté d´un suivi officiel du gouvernement allemand, également publié en français, il convient de signaler:

  • le rapport annuel de l´association économique de Bavière « vbw » sur l’évolution du tournant énergétique en Allemagne et en Bavière  (vbw 2018)
  • le baromètre sur l´évolution de l´Energiewende publié par McKinsey tous les 6 mois depuis 2012  (McKinsey 2018)

Last but not least, l´agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) publie annuellement un rapport monitoring « énergie »  (BNetzA 2018) qui comporte des informations exhaustives sur le secteur de l´énergie (électricité et gaz).

Les publications de vbw, McKinsey et l´agence fédérale des réseaux sont disponibles en allemand seulement .

Plateforme énergétique franco-allemande

Une plateforme énergétique franco-allemande a été décidée par le conseil des ministres franco-allemand de 2014 (ADEME et dena). C´est un projet commun de l’Agence française de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et de l’agence allemande de l’énergie (dena). En coopération avec les acteurs politiques, le monde de l’entreprise, les milieux scientifiques et la société dans son ensemble, cette plateforme élabore des projets bilatéraux relatifs à la transition énergétique.

L’Office Franco-Allemand pour la Transition Energétique (OFATE) soutient le travail de la plateforme en informant les acteurs des deux pays sur l’actualité politique relative aux énergies renouvelables et à leurs sujets connexes. L´OFATE « ..encourage la coopération franco-allemande pour l’élaboration de politiques publiques communes et de projets conjoints, et apporte son soutien aux autorités publiques et aux entreprises établies en France et en Allemagne.. ».

Bibliographie

ADEME; dena Plateforme énergétique franco-allemande. Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME); Deutsche Energie-Agentur (dena). En ligne : https://www.d-f-plattform.de/fr/page-daccueil/.

AEE (2016) Metaanalyse. Flexibilität durch Kopplung von Strom, Wärme & Verkehr. Agentur für Erneuerbare Energien. En ligne : http://www.forschungsradar.de/fileadmin/content/bilder/Vergleichsgrafiken/meta_sektorkopplung_042016/AEE_Metaanalyse_Flexibilitaet_Sektorkopplung_apr16_fixed.pdf.

Allemagne-Energies Bilans énergétiques : Comparaison Allemagne et France. En ligne : https://allemagne-energies.com/bilans-energetiques/.

Allemagne-Energies (2018a) Allemagne : La « neutralité carbone » à l’horizon 2050 coûtera 2300 milliards d´Euro. En ligne : https://allemagne-energies.com/2018/02/03/allemagne-la-neutralite-carbone-a-lhorizon-2050-coutera-2300-milliards-deuro/.

Allemagne-Energies (2018b) Formation d´un nouveau gouvernement de grande coalition courant mars 2018 – quels objectifs en matière de climat et d´énergie ? En ligne : https://allemagne-energies.com/2018/03/04/formation-dun-nouveau-gouvernement-de-grande-coalition-courant-mars-2018-quels-objectifs-en-matiere-de-climat-et-denergie/.

Allemagne-Energies (2018c) Le gouvernement allemand publie le 6ème rapport de suivi « transition énergétique ». En ligne : https://allemagne-energies.com/2018/07/02/le-gouvernement-allemand-publie-le-6eme-rapport-de-suivi-transition-energetique/.

Allemagne-Energies (2018d) Selon la Cour des Comptes allemande, la transition énergétique est au bord de l’échec. En ligne : https://allemagne-energies.com/2018/09/28/selon-la-cour-des-comptes-allemande-la-transition-energetique-est-au-bord-de-lechec/.

Allemagne-Energies (2019a) Allemagne : Une sortie du charbon préconisée d’ici 2038. En ligne : https://allemagne-energies.com/2019/01/27/allemagne-une-sortie-du-charbon-preconisee-dici-2038/.

Allemagne-Energies (2019b) Le paysage énergétique allemand en 2018. En ligne : https://allemagne-energies.com/2019/01/07/le-paysage-energetique-allemand-en-2018/.

BDI (2018) Klimapfade für Deutschland 2015. Bundesverband der Deutschen Industrie e.V. En ligne : https://bdi.eu/artikel2/news/kernergebnisse-der-studie-klimapfade-fuer-deutschland/.

BMU (2016a) Climate Action Plan 2050 – Germany’s long-term emission development strategy. Roadmap to a climate-neutral Germany. Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz und Reaktorsicherheit. En ligne : https://www.bmu.de/en/topics/climate-energy/climate/national-climate-policy/greenhouse-gas-neutral-germany-2050/.

BMU (2016b) Plan climat 2050. Les principes et les objectifs de la politique climatique du gouvernement allemand. Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz und Reaktorsicherheit. En ligne : https://www.bmu.de/fileadmin/Daten_BMU/Download_PDF/Klimaschutz/klimaschutzplan_2050_fr_bf.pdf.

BMU (2018) GreenTech made in Germany 2018: Environmental Technology Atlas for Germany. Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz und Reaktorsicherheit. En ligne : https://www.bmu.de/publikation/greentech-made-in-germany-2018-environmental-technology-atlas-for-germany/.

BMWi (2019a) La nouvelle phase de la transition énergétique peut commencer. Bundesministerium für Wirtschaft und Energie. En ligne : http://www.bmwi.de/Redaktion/FR/Dossier/transition-energetique.html.

BMWi (2019b) Mécanisme de suivi de la transition énergétique. Bundesministerium für Wirtschaft und Energie. En ligne : https://www.bmwi.de/Redaktion/FR/Artikel/Energie/mecanisme-de-suivi-de-la-transition-energetique.html.

BMWi; BMU (2010) Energiekonzept für eine umweltschonende, zuverlässige und bezahlbare Energieversorgung. Bundesministerium für Wirtschaft und Technologie; Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz und Reaktorsicherheit. En ligne : https://www.bmwi.de/Redaktion/DE/Downloads/E/energiekonzept-2010.pdf?__blob=publicationFile&v=3.

BNetzA (2018) Monitoringsbericht Energie. En ligne : https://www.bundesnetzagentur.de/DE/Sachgebiete/ElektrizitaetundGas/Unternehmen_Institutionen/DatenaustauschundMonitoring/Monitoring/Monitoringberichte/Monitoring_Berichte.html?nn=266276.

CE (2018a) Cadre pour le climat et l’énergie à l’horizon 2030. Commission européenne. En ligne : https://ec.europa.eu/clima/policies/strategies/2030_fr.

CE (2018b) Paquet sur le climat et l’énergie à l’horizon 2020. Commission européenne. En ligne : https://ec.europa.eu/clima/policies/strategies/2020_fr.

Deutscher Bundestag (2017) Antwort der Bundesregierung auf die Kleine Anfrage der Fraktion der AfD : „Kosten der Energiewende » (Drucksache 19/285). En ligne : http://dipbt.bundestag.de/dip21/btd/19/002/1900285.pdf.

ESYS (2017) Sektorkopplung – Optionen für die nächste Phase der Energiewende. acatech, éd. Energiesysteme der Zukunft. En ligne : http://www.akademienunion.de/fileadmin/redaktion/user_upload/Publikationen/Stellungnahmen/ESYS_Stellungnahme_Sektorkopplung.pdf.

INSM (2016) EEG & Co. treiben Energiewendekosten auf 520 Milliarden Euro. Initiative Neue Soziale Marktwirtschaft. En ligne : http://www.insm.de/insm/Presse/Pressemeldungen/Pressemeldung-Studie-EEG.html.

McKinsey (2018) Energiewende-Index. McKinsey & Company. En ligne : https://www.mckinsey.de/energiewendeindex.

MTES (2016a) Cadre européen énergie-climat. Ministère de la Transition écologique et solidaire. En ligne : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/cadre-europeen-energie-climat.

MTES (2016b) Loi de transition énergétique pour la croissance verte. Ministère de la Transition écologique et solidaire. En ligne : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/loi-transition-energetique-croissance-verte.

MTES (2018a) En finir avec les énergies fossiles et s’engager vers la neutralité carbone. Ministère de la Transition écologique et solidaire. En ligne : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/en-finir-energies-fossiles-et-sengager-vers-neutralite-carbone.

MTES (2018b) Stratégie française pour l´énergie et le climat. Présentation de la programmation pluriannuelle de l´énergie et de la stratégie nationale bas carbone. Ministère de la Transition écologique et solidaire. En ligne : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2018.11.27_MTES_dp_PPE_SNBC_stategiefrancaiseenergieclimat.pdf.

MTES (2018c) Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC). Ministère de la Transition écologique et solidaire. En ligne : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc.

MTES (2019) Synthèse : Stratégie française pour l´énergie et le climat. Programmation pluriannuelle de l´énergie 2019-2013 et 2024-2028. Ministère de la Transition écologique et solidaire. En ligne : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Synth%C3%A8se%20finale%20Projet%20de%20PPE.pdf.

OFATE Office franco-allemand pour la transition énergétique. En ligne : https://energie-fr-de.eu/fr/accueil.html.

OFATE (2019) Le BMWi publie un premier projet de plan national énergie-climat. Office franco-allemand pour la transition énergétique. En ligne : https://energie-fr-de.eu/fr/systemes-marches/actualites/lecteur/le-bmwi-publie-un-premier-projet-de-plan-national-energie-climat.html.

OIE (2018) Fiches pédagogiques. PPE et SNBC : Deux piliers pour l’énergie et le climat. Observatoire de l´industrie électrique. En ligne : http://observatoire-electricite.fr/fiches-pedagogiques/article/ppe-et-snbc-deux-piliers-pour-l-energie-et-le-climat.

vbw (2018) Publikationen. Vereinigung der Bayerischen Wirtschaft e.V. En ligne : https://www.vbw-bayern.de/vbw/Publikationen/index.jsp.