Le tournant énergétique allemand

(dernière mise à jour de l´article le 04.10.2019)

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Introduction

Le terme « tournant énergétique » (Energiewende en allemand) désigne en règle générale les décisions prises par le gouvernement fédéral allemand suite à l’accident de Fukushima en 2011. Le mot  « Energiewende » a été adopté parce qu´il s´agit une décision radicale. Le mot « Die Wende » (le tournant) était déjà utilisé en 1989 pour désigner le processus de changement après la chute du mur à Berlin.

Le tournant énergétique repose essentiellement sur le concept énergétique du gouvernement de septembre 2010  (BMWi et BMU 2010) à la différence près qu´en 2010 le nucléaire devait encore bénéficier d’une prolongation de fonctionnement au titre de technologie de transition.

Sur le plan politique, la première « transition énergétique », parfois  appelée « petit tournant énergétique » remonte à la coalition entre le Parti social-démocrate (SPD) et Les Verts (Bündnis 90/Die Grünen), au pouvoir entre 1998 et 2005. Ce paquet comprenait :

  • une taxe sur l’électricité (Stromsteuergesetz), introduite en 1999 pour réduire la consommation d´électricité et les émissions CO2 ainsi que pour financer la baisse de la cotisation de retraite.
  • une loi sur les énergies renouvelables appelée EEG (Erneuerbare Energien Gesetz), entrée en vigueur en 2000 pour créer un cadre favorable à la production d’électricité d’origine renouvelable grâce à un tarif d’achat garanti sur 20 ans (FIT : feed-in tariff) et à l’obligation pour les gestionnaires de réseau d’acheter en priorité cette électricité.
  • une loi de sortie du nucléaire (Gesetz zur geordneten Beendigung der Kernenergienutzung) en 2002 qui fixe à chaque réacteur un quota – en térawatt heure – restant à produire avant son arrêt définitif, toutefois sans spécifier une date d´arrêt fixe.

Les principales dispositions du tournant énergétique de 2011 sont (BMWi 2019b) :

  • Sortie progressive du nucléaire d´ici 2022 (date butoir) et, à terme, des centrales charbon et lignite (une commission gouvernementale préconise la sortie du charbon d´ici 2038 (Allemagne-Energies 2019a))
  • introduction d´objectifs quantifiables au niveau :
    • Développement des énergies renouvelables
    • Économies d´énergie
    • Réduction des émissions de gaz à effet de serre

Mesures phares de la transition énergétique française et allemande

Les deux pays se sont engagés dans une transformation importante de leurs systèmes énergétiques avec la mise en œuvre, pour la France, de la loi de « Transition Energétique relative à la Croissance Verte (LTECV) » complétée par les outils de planification (OIE 2018), la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) et la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et pour l´Allemagne les dispositions du  « Tournant Énergétique » . Au niveau des objectifs on peut retenir la forte convergence des stratégies française et allemande.

La figure 1 expose les mesures phares du  « Tournant Énergétique » allemand (BMWi 2019b; CE 2019) et française (MTES 2016b, 2018, 2019b; CE 2019; MTES 2019a). Ces mesures permettront en outre aux deux pays de respecter leurs objectifs européens en matière d’énergie et de climat à l´horizon 2020 (CE 2018c) et 2030 (CE 2018a).

Un bilan d´étape concernant la réalisation des objectifs du paquet énergie-climat de l´UE 2020 en France et en Allemagne est publié au site web (Allemagne-Energies 2019b), chapitre « Bilans énergétiques : Comparaison Allemagne et France ».

Fig 1 Les mesures phares 2_2019_1
Figure 1 : Les mesures phares de la transition énergétique France vs. Allemagne

Lutte contre le réchauffement climatiqueLe paquet de l´Union Européenne sur le climat et l’énergie à l’horizon 2020 (CE 2018c) fixe pour la France et l´Allemagne une réduction des émissions de gaz à effet de serre d´au moins 20 % par rapport à 1990. L´objectif du cadre pour le climat et l’énergie à l’horizon 2030, adopté en 2014, prévoit une réduction d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre de tous les secteurs de l’économie d’ici à 2030 par rapport à 1990 (CE 2018a).

Suite à l’accord de Paris et pour montrer l’exemple, les deux pays visent la neutralité carbone d´ici  2050.

Selon le plan de protection du climat à l’horizon 2050 « Klimaschutzplan 2050 »  (BMU 2016a, 2016b), l´objectif à long terme de l´Allemagne est « une large neutralité carbone » en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95% d’ici 2050 par rapport à 1990:  une réduction des émissions de 55% d´ici 2030 constituant un objectif intermédiaire (Bundesregierung 2019).

LTECV de 2015 visait à diviser par 4 les émissions françaises de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990 (« facteur 4 »). Dans la nouvelle loi énergie-climat le gouvernement a remplacé cette cible par un objectif de « neutralité carbone » (équilibre, sur le territoire national, entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre) à l’horizon 2050 (MTES 2019a). Pour atteindre cet objectif, il faudrait diviser les émissions de gaz à effet de serre par un facteur supérieur à 6 par rapport au niveau de 1990.

L´objectif de neutralité carbone n’est pas de même nature qu’un objectif de réduction d’émissions. En effet, un certain niveau d’émissions paraît incompressible, en particulier dans les secteurs non énergétiques (agriculture et procédés industriels). Atteindre la neutralité carbone implique donc de compenser ces émissions par des puits de carbone, c´est-à-dire un réservoir (naturel ou technologique ) qui absorbe du carbone en circulation dans la biosphère,  comme la capture et stockage ou la réutilisation du carbone. La neutralité carbone s’atteindra donc au moment où la quantité de gaz à effet de serre émise chaque année sur le territoire sera équivalente à la quantité de CO2 absorbée par les puits de carbone du territoire.

Part des énergies renouvelables à la consommation d´énergie finale : il s´agit de la contribution à l´objectif européen « paquet énergie climat 2020 et 2030 ». L´objectif 2020 de la France est de 23% (MTES 2016a) et l’Allemagne se contente de 18% c´est-à-dire un objectif inférieur à celui de l´Union Européenne de 20%.

L’Union Européenne avait initialement fixé pour objectif à l’horizon 2030 (CE 2018a) une part des énergies renouvelables d’au moins 27 % à la consommation énergétique finale brute. Le nouvel objectif,  validé en décembre 2018 par le Conseil de l’Union Européenne,  prévoit une part de 32% avec une disposition prévoyant un réexamen en vue d’augmenter l’objectif spécifique d’ici 2023 (CE 2018b).

L´objectif 2030 de l’Allemagne est de 30% (CE 2019). La loi de transition énergétique française (LTECV) prévoyait initialement que 32% de la consommation énergétique finale brute  en 2030 soient d’origine renouvelable et vise maintenant 34% selon le projet de plan national intégré énergie-climat (CE 2019). Cette progression des énergies renouvelables est prévue dans toutes les filières mais devrait être particulièrement marquée dans le secteur d´électricité.

Part des énergies renouvelables dans la consommation d´électricité : l´Allemagne met  l’accent sur l´augmentation de la part des énergies renouvelables dans le secteur de l´électricité, notamment en utilisant la technologie de l’éolien et du photovoltaïque. Pour 2030 le gouvernement allemand vise maintenant une part de 65% d´énergies renouvelables à la consommation brute d´électricité au lieu de l´objectif initial de 50% (Allemagne-Energies 2018b).

La loi de transition énergétique pour la croissance verte prévoyait de porter à 40% la part des énergies renouvelables dans la production d´électrique française en 2030. (MTES 2016b). Selon le projet de la programmation pluriannuelle de l´énergie (PPE) 27% de la production d´électrique en 2023 et 36% en 2028 (MTES 2019b). Hors hydroélectricité, il est prévu de multiplier par 2 les capacités électriques renouvelables d’ici à fin 2023 et par 4 d’ici à fin 2028. Les principales filières bénéficiant de cette évolution sont le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre (MTES 2019b).

Efficacité énergétique : L´efficacité énergétique est un pilier majeur de la transition énergétique française et allemande. Au niveau réduction de la consommation et baisse d´intensité ou augmentation de la productivité énergétique, les objectifs sont assez semblables (à l’exception de la base – 2008 ou 2012 – et la référence  – énergie primaire ou énergie finale -) et conformes aux objectifs de l´Union Européenne pour 2020.

Le Conseil européen avait initialement adopté un objectif indicatif d´amélioration de l’efficacité énergétique d’au moins 27 % d’ici 2030 (CE 2018a). Le nouvel objectif,  validé en décembre 2018 par le Conseil de l’Union Européenne,  prévoit la réduction de 32,5 % de la consommation énergétique primaire par rapport au tendanciel, avec une disposition prévoyant un réexamen en vue d’augmenter l’objectif spécifique (CE 2018b).

La France a effectué une première estimation de sa contribution à l’objectif européen de réduction de la consommation énergétique en 2030 (CE 2019) ce qui conduit à une estimation de la consommation énergétique finale de 117,6 Mtep (une réduction d´environ 20% par rapport à 149,3 Mtep en 2012 (Eurostat 2019) ) et une consommation énergétique primaire de 202,9 Mtep en 2030 (244,5 Mtep en 2012).

Si l´Allemagne a fixé un objectif pour 2050 (- 50% par rapport à 2008), elle n´a pas encore communiqué d´objectif quantitatif pour 2030 (CE 2019). En supposant une extrapolation linéaire de l´objectif  2020, une réduction de la consommation énergétique primaire de – 30% par rapport à 2008 serait possible selon un premier projet de plan national énergie-climat du ministère de l´économie et de l´énergie transmis à l´UE en janvier 2019  (OFATE 2019).

Nucléaire : Les objectifs pour le nucléaire sont un choix purement national.  L´objectif initial de la France de réduire la part du nucléaire à 50%  (contre plus de 70% aujourd’hui) de l’électricité produite en 2025 (MTES 2016b) a été reconnu comme irréaliste par le pouvoir politique. La loi énergie-climat entérine le report à 2035 pour cet objectif (MTES 2019a). Pour réduire le nucléaire à 50%, la feuille de route énergétique de la France prévoit la fermeture  d’ici 2035 de 14 sur 58 réacteurs (dont les deux de Fessenheim). Cela représente un quart des réacteurs en activité.

Mais contrairement à l´Allemagne où la sortie définitive du nucléaire d´ici 2022 est considérée comme irréversible, la réduction de la part du nucléaire à 50% de la production d’électricité n’est pas la sortie du nucléaire en France.

Le tournant énergétique du secteur électrique

Le tournant énergétique se caractérise par une focalisation sur le secteur électrique. Or, pour mémoire, le secteur électrique émet environ un tiers des émissions totales de gaz à effet de serre du pays et représente seulement un quart de la consommation finale d´énergie.

La figure 2  résume à titre indicatif les grandes lignes.

Fig 2 TE
Figure 2 : Tournant énergétique du secteur électrique : scenario 80% énergies renouvelables à l´horizon 2050

Le tournant énergétique du secteur électrique est caractérisé par la renonciation à la technologie des centrales électriques classiques, éprouvée depuis des décennies, et le développement massif des énergies renouvelables. La plus grande partie de l´électricité serait fournie par des énergies renouvelables intermittentes (éolien, solaire). Une partie de l´électricité renouvelable pourrait être importée de l´étranger.

Concernant l´efficacité énergétique, on prévoit d´ici 2050 une baisse de la consommation nationale de l´électricité d´au moins 25%. La consommation est estimée à 465 TWh dont 80% produits par les énergies renouvelables.

Ce scenario d´objectif établi en 2011 a été modifié en 2018 : l´objectif de la part des énergies renouvelables à la consommation nationale a été porté à 65% à l´horizon 2030.

Début 2019,  une commission gouvernementale a préconisé la sortie progressive des centrales charbon et lignite d´ici 2038 au plus tard pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (Allemagne-Energies 2019a). La production sera remplacée par des centrales à gaz, moins émettrices en CO2. La décision finale sur la suite à donner aux propositions de la commission sera prise par le gouvernement allemand avant fin 2019.

Pour atteindre le nouvel objectif de  « neutralité carbone » d’ici 2050, l´idée est l’utilisation renforcée des énergies renouvelables en mettant en lien les trois secteurs : chaleur et refroidissement (bâtiment), électricité et transports.

L’Agence allemande pour les énergies renouvelables (AEE) a comparé en 2016 les résultats de 25 études prospectives (AEE 2016) sur les besoins en flexibilité du système électrique et les possibilités d’équilibrage via l’utilisation d’électricité pour la chaleur et les transports ainsi que  pour la production de carburants (power-to-x).

Plusieurs études supposent qu´une baisse de la consommation de l´électricité ne serait pas possible malgré l´augmentation significative de l´efficacité énergétique. Certaines études considèrent  même que la consommation augmentera de façon substantielle en raison de l´utilisation croissante de l´électricité dans les autres secteurs.

L´objectif de réduction de la consommation nationale d´au moins 25% d´ici 2050 par rapport à 2008 pourrait donc être soumis à des modifications.

Selon des études récentes (BDI, ESYS et dena 2019), les capacités d´éolien et photovoltaïque à l´horizon 2050 sont estimées entre 250 et 600 GW. De plus, 60 à 130 GW de moyens pilotables hautement flexibles (notamment centrales à gaz et turbines à combustion) seront nécessaires pour garantir la sécurité d´approvisionnement lors des épisodes prolongés de production éolienne et solaire quasi nulle.

Critiques faites au tournant énergétique

Les idées reçues sur le tournant énergétique allemand sont légion en France. Pour les uns c´est un modèle à suivre, pour les autres c´est un véritable fiasco. Les points de critiques que l´on entend le plus souvent sont les suivants :

Mauvaises performances climatiques

Malgré un exceptionnel développement des énergies renouvelables, l’Allemagne est en passe de manquer la plupart des objectifs qu’elle s’était fixés dans sa transition énergétique lancée en 2011 (voir  plus loin le chapitre bilan d´étape 2020).

En dépit d´une légère baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2018 (Allemagne-Energies 2019e), l´objectif phare « Réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% par rapport à 1990 » est hors de portée.

L´Energiewende a été focalisé dans le passée sur le secteur de l´électricité, on parle parfois de « Stromwende » (tournant d´électricité). En effet, dans les secteurs bâtiment, chaleur et refroidissement ainsi que dans le transport, le développement des énergies renouvelables stagne et les émissions dans ces secteurs ne baissent pas suffisamment.

Selon le gouvernement, l’Allemagne fera désormais tout pour respecter l’objectif de 2030, soit une réduction de 55 % des émissions par rapport à 1990 (Allemagne-Energies 2018b). De nombreuses mesures sont proposées, engageant une transformation structurelle dans des secteurs clés, comme l’énergie et les transports en passant par l’agriculture, l’industrie et le bâtiment.

Pour arriver à une réduction de 55% d´ici 2030 le gouvernement a promis une « loi climatique » d’ici fin 2019. La tâche incombe au « Klimakabinett », formation resserrée du gouvernement réunissant tous les ministres concernés. Le « Cabinet Climat » a publié des résolutions le 20 septembre 2019 (Bundesregierung 2019). Ces décisions deviennent des décisions du gouvernement lorsque l’ensemble du conseil des ministres fédéral a donné son accord. Bon nombre des mesures adoptées par le Cabinet sur le climat nécessitent également des modifications du budget fédéral ou des modifications de lois ou d’ordonnances. Comme toujours, le Bundestag et le Bundesrat en décident.

Néanmoins, le doute s’est installé sur la capacité de l’Allemagne à tenir ses engagements climatiques. Les mesures actuellement engagées et notamment la focalisation du tournant énergétique sur le secteur électrique se sont avérées insuffisantes. Par ailleurs, d’ici 2022, il faudra compenser le déficit supplémentaire consécutif à la fermeture programmée des réacteurs nucléaires toujours en activité. Il ne sera pas facile de suppléer par des renouvelables aux 76 TWh (2018) restants de production nucléaire, décarbonée.

Coûts exorbitants du tournant énergétique

De toutes les critiques entendues en France contre le tournant énergétique allemand, celle qui revient sans doute avec le plus de régularité concerne le coût.

Etude de l´institut de Düsseldorf (DICE)

L´institut de Düsseldorf (DICE) a fait une étude à la demande de l´INSM (Initiative Neue Soziale Marktwirtschaft)  (INSM 2016) sur les coûts inhérents à la transition énergétique pour le seul secteur de l´électricité et hors investissements pour les énergies renouvelables.

Selon cette étude, les coûts cumulés pour 2000 à 2025 sont estimés à 520 milliards d´Euros (voir figure 3), financés en grande partie par le consommateur. Et les coûts ne s’arrêteront pas pour autant en 2025.

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Figure 3 : Estimation des coûts cumulés du tournant énergétique dans le secteur de l´électricité pour 2000 – 2025

La plus grande part est constituée par les charges de soutien aux énergies renouvelables, soit  la différence entre le prix garanti fixé par la loi et le prix du marché. Ensuite viennent les coûts nécessaires au développement du réseau de transport et de distribution pour acheminer l’électricité éolienne produite dans le nord vers le sud et l’ouest de l’Allemagne.

Les plus grands postes de ces 27,5 milliards d´Euros « Divers » sont le maintien de la stabilité du réseau et la dépréciation comptable du parc thermique pour cause de rentabilité réduite.

Les coûts induits par les taux très préférentiels pour les investissements dans les énergies renouvelables sont estimés à 6 milliards d´Euros.

En revanche les prix négatifs en Allemagne sur le marché EPEX spot de la bourse à Paris, qui suscitent toujours un grand intérêt en France, ne représentent qu’une faible part du coût total du tournant énergétique du secteur de l´électricité, à savoir 0,1%.

Dans sa réponse à une question du parlement  (Deutscher Bundestag 2017) le gouvernement allemand a mis en doute l´étude de l´institut de Düsseldorf en décembre 2017. Selon le gouvernement, les coûts de la transition énergétique ne peuvent pas être déterminés en additionnant quelques postes isolés du système électrique actuel (soutien des énergies renouvelables, le tarif d´utilisation du réseau, etc.).

Seule la comparaison des coûts d´un système  avec et sans transition énergétique permettrait de déterminer les coûts supplémentaires. Si à la lumière de cette comparaison apparaissaient des coûts supplémentaires, il faudrait en outre les comparer avec ceux induits par une aggravation de la pollution et les conséquences à long terme sur le changement climatique résultant d´un système sans transition énergétique. La comparaison fiable des coûts ne serait pertinente que sur cette base. Le gouvernement allemand ajoute qu´à sa connaissance, il n´existe pas d´ étude complète des coûts discernant précisément les avantages pour l’homme et l’environnement d´un système énergétique non polluant.

Rapport de la Cour des Comptes allemande 2018

La Cour des Comptes allemande  critique vigoureusement dans son rapport spécial, publié en septembre 2018  (Allemagne-Energies 2018d), le pilotage de la transition énergétique par le Ministère Fédéral de l´Economie et de l´Energie. Les performances affichées de la transition énergétique divergent fortement des objectifs fixés. La plupart des objectifs principaux à l´horizon 2020 ne seront pas atteints.

Le gouvernement n´a formulé jusqu´à maintenant aucun objectif concernant le coût global du tournant énergétique , bien que la transition énergétique ait coûté 160 milliards d´Euros les derniers 5 ans. En 2017 les charges financières sont estimées à plus de 34 milliards d´Euros par la Cour des Comptes dont 26,5 milliards d´Euros de charges payées par les consommateurs et 7,9 milliards d´euros des paiements et pertes de recettes de l´Etat.

La Cour des Comptes suggère d´instituer un cadre juridique et des incitations économiques pour induire un comportement plus écologique. Il conviendrait par exemple de prévoir une taxe carbone à la place des diverses taxes et redevances actuelles.

Selon la Cour des Comptes la transition énergétique est actuellement mal gérée. Le Ministère Fédéral de l’Economie et de l’Energie se devrait d’apporter rapidement des améliorations significatives à la coordination et au pilotage de la transition énergétique.

L’Allemagne se paye le luxe de deux parcs de production en parallèle

L’Allemagne disposait  fin 2018 d´un parc de production de plus de 220 GW dont environ 100 GW de centrales conventionnelles et environ 120 GW d´énergies renouvelables pour une pointe de consommation de 82 GW (Allemagne-Energies 2019e).

Lorsque la sortie définitive du nucléaire d´ici 2022 a été décidée en 2011 après d´accident de Fukushima, l´opinion dominante était que l´on ne peut pas en même temps sortir du nucléaire et du charbon sans mettre en péril la sécurité d´approvisionnement  lors des situations de faible production d´éolien et de photovoltaïque.

L´Allemagne a signé l´accord de la Conférence du Climat en 2015  à Paris s´engageant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce qui a mis les décideurs politiques sous pression compte tenu des mauvaises performances climatiques du pays.

Une commission gouvernementale, appelée « Commission Charbon », mise en place en 2018, a émis en janvier 2019 un rapport avec des propositions pour atteindre les objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre d´ici 2030 (Allemagne-Energies 2019g).

Elle préconise entre autres une sortie progressive des centrales à charbon et au lignite d´ici 2038, avec deux étapes intermédiaires : d’ici 2022,  une capacité de 12,5 GW doit être fermée dont plusieurs centrales au lignite.  Jusqu’en 2030 suivront d’autres centrales (16 – 17 GW) et seule une capacité de 17 GW restera au réseau au-delà de 2030. On s’attend à ce que le gouvernement se prononce avant fin 2019 (Allemagne-Energies 2019f).

L´Allemagne perdrait donc d´un coup 22 GW de moyens pilotables d´ici fin 2022 y compris les 9,5 GW du nucléaire. A l´horizon 2038, donc en moins de 20 ans, il faudrait même remplacer plus de 50 GW des moyens pilotables par rapport à 2018, c´est-à dire plus de la moitié de la capacité conventionnelle actuelle, par des installations éoliennes et solaires, des solutions de stockage d’ énergie (batteries, power-to-gas), la cogénération et des centrales à gaz ou turbines à combustion moins émettrices en CO2 (BDEW 2019) .

Ces mesures pourraient conduire l’Allemagne à consommer davantage de gaz naturel dans le secteur de l’électricité à titre transitoire.

La lente modernisation des réseaux

Un approvisionnement d´électricité  basé sur des sources d’énergies renouvelables recèle de nouveaux défis pour les réseaux (Allemagne-Energies 2019c). Dorénavant, une grande partie de l’électricité sera injectée de manière décentralisée dans les réseaux électriques et transportée en partie sur de longues distances. Malgré l´emploi de technologies innovantes, l´augmentation de la part des énergies renouvelables nécessite l´extension des réseaux électriques pour faire face à l´aggravation du déséquilibre dans la production d’électricité en Allemagne.  Tandis que la production dans le nord et l’est du pays équivaut pratiquement au double de la demande, il y a un déficit dans le sud et l’ouest,  où entre un quart et la moitié de la consommation annuelle d’électricité doit être assuré par des importations depuis d’autres régions ou des pays voisins. L’électricité éolienne produite dans le nord doit donc être amenée à des centres de consommation électrique dans le sud et dans l’ouest de l’Allemagne. Par conséquent, le développement des grands réseaux de transport suprarégionaux et des réseaux de distribution locaux est une tâche essentielle.

La programmation fédérale actuelle de développement des réseaux de transport estime que 7700 km sont prioritaires, dont 4650 km de lignes nouvelles et 3050 km de renforcement des lignes existantes. L´épine dorsale est constituée par des tracés nord – sud en courant continu.

Or la construction des lignes est lente. Outre les contraintes administratives, l’installation de nouvelles lignes se heurte aux refus des riverains et des associations de protection de la nature. Les autorités ont pris la décision de la mise en souterrain du réseau électrique pour une grande partie, sans parvenir à calmer toutes les résistances.

Suite au nouvel objectif d´une part de 65% d´énergies renouvelables à la consommation d´électricité d´ici 2030, les besoins d’extension des réseaux électriques de transport sont plus importants et plus chers que dans les évaluations antérieures. Ils passeront de 7 700 km à plus de 12 000 km selon le scénario retenu (Allemagne-Energies 2019f).  Il faudrait la construction de deux nouvelles lignes à haute tension en courant continu d’une capacité cumulée de 4 GW sur une longueur d´environ 1160 km. Elles viendraient s’ajouter aux tracés nord – sud en courant continu déjà prévus. La capacité totale passerait ainsi à 12 GW sur une longueur de 3780 km.

Le développement des énergies renouvelables tend à s´enliser

Comme décrit plus haut, le gouvernement allemand vise maintenant pour 2030 une part de 65% d´énergies renouvelables à la consommation brute d´électricité, au lieu de l´objectif initial de 50%. Pour atteindre  cet objectif  il faudrait construire plus de 100 GW en sus des 120 GW déjà installés fin 2018, notamment en utilisant la technologie de l’éolien et du photovoltaïque (Allemagne-Energies 2019f, 2019b) soit une augmentation de plus de 80% en 10 ans.

Or, un développement préoccupant concernant les volumes offerts et attribués à l´éolien terrestre en Allemagne est observé depuis un an (Allemagne-Energies 2019d). Selon la fédération allemande de l’énergie éolienne (BWE 2019), l’installation d’éoliennes terrestres était au premier semestre 2019 à son plus bas niveau depuis l’introduction de la loi sur les énergies renouvelables (EEG), soit 287 MW ou 86 éoliennes. Il s’agit d’une baisse de 82% par rapport à la période déjà déficitaire de l’année précédente. A titre de comparaison, entre 2014 et 2017 l’augmentation annuelle moyenne de la capacité a été de 4600 MW

Les raisons sont multiples selon un rapport récent de l´Agence de l’éolien terrestre (FA Wind 2019). Les avantages des sociétés de citoyens tels que l’absence d´obligation d’autorisation préalable selon BImSchG  (Loi fédérale sur la protection contre les nuisances environnementales) ont été abolis en 2018. Les procédures d´autorisation sont de plus en plus longues ce qui ralentit le rythme de mise en service des nouvelles installations. L´absence d´une réglementation uniforme dans le pays freine le déploiement des éoliennes terrestres, par exemple les distances imposées aux éoliennes par rapport aux habitations varient d’un territoire (Land) à l’autre. De plus, la construction des nouvelles éoliennes se heurte aux refus des riverains et des organisations de protection de la nature et des oiseaux. Leur opposition a conduit à de nombreuses plaintes contre de nouvelles constructions.

Si la tendance baissière se confirme, il faudra prendre des mesures pour faciliter les procédures d´autorisation et pour renforcer l´acceptation des riverains et des communes. Une première réunion de crise à huis clos avec les différents acteurs du secteur a eu lieu début septembre 2019 avec le Ministre de l’Économie et de l´Énergie, Peter Altmaier.

Mais ce n’est pas le seul problème : presque 12000 éoliennes, représentant une capacité installée d´environ 14 GW, sortiront du mécanisme de soutien entre 2021 et 2025 (Allemagne-Energies 2019c). L´industrie éolienne craint que le prix sur le marché spot soit trop bas pour une exploitation rentable sans tarif d´achat garanti.

Le dernier rapport « monitoring » du gouvernement allemand confirme le niveau élevé de la sécurité de l’approvisionnement à l´horizon 2030

En dépit de ces chantiers importants encore ouverts, la sécurité d´approvisionnement ne serait pas en péril à l´horizon 2030  selon le dernier rapport « monitoring » du Ministère Fédéral de l’Économie et de l´Energie, publié en juillet 2019 (BMWi 2019d).

Le rapport « monitoring » qui est publié à intervalles réguliers (au moins tous les deux ans) confirme que l´Allemagne continue de bénéficier d’un très haut niveau de sécurité d’approvisionnement au niveau international.

Pour le marché de l’électricité, certains indicateurs se sont établis en Europe pour évaluer la sécurité d’approvisionnement. Elle est assurée si ces indicateurs respectent certaines valeurs. Pour l´Allemagne, une expertise détaillée (BMWi 2019a) a conclu qu’il existe une « probabilité d’équilibrage de la charge » de 99,94% : c´est-à-dire que la demande du marché de l’électricité est couverte par l’offre disponible.

L´expertise tient compte de divers scénarios, tels que les différentes conditions météorologiques ou les effets des arrêts imprévus de centrales électriques, y compris la sortie progressive des centrales à charbon/lignite préconisée par la Commission Charbon.

L´expertise montre que les importations temporaires nécessaires seraient disponibles en toute sécurité jusqu’en 2030 malgré une réduction significative des moyens pilotables classiques (environ 90 à 100 GW) dans les pays voisins. L’intégration du marché européen de l’électricité se poursuivra, notamment par l’extension des interconnexions.

Tout cela signifie qu’en 2030, le marché européen de l’électricité continuera à garantir un degré élevé de sécurité d’approvisionnement et que les consommateurs allemands peuvent être approvisionnés de manière fiable à tout moment.

Pour une réussite du tournant énergétique l´Allemagne devrait investir davantage

Des études publiées récemment par trois organisations réputées analysent les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques à l´horizon de 2050, à savoir la neutralité ou quasi-neutralité carbone (ESYS 2017; dena 2018; BDI 2018). Il s´agit de la Fédération de l´Industrie Allemande (BDI: Bundesverband der Deutschen Industrie e.V.), l´ESYS (Systèmes énergétiques futurs) et l´Agence Allemande de l´Énergie (dena). Une comparaison de leurs études, publiée en février 2019 (BDI, ESYS et dena 2019) , met en évidence les résultats essentiels communs :

Développement massif des énergies renouvelables : augmentation de la capacité de l´éolien et du photovoltaïque à 250 GW et même jusqu´à 600 GW à l´horizon 2050 (~ 105 GW en 2018) selon les différentes études. La grande fourchette s´explique par des hypothèses différentes concernant entre autres l´importation d´énergie, l´augmentation de l´efficacité énergétique et la progression des énergies renouvelables dans les secteurs refroidissement/chaleur et transports

Sécurité d´approvisionnement d´électricité : l´intermittence des énergies renouvelables fait apparaitre d’importants besoins de flexibilité pour assurer l´équilibre entre l’offre et la demande. Cela peut se faire par un renforcement du Demand Side Management et l´utilisation accrue de nouveaux consommateurs flexibles (pompes à chaleur, véhicules électriques) et recours aux capacités de stockage d´énergie (batteries, power-to-x).

Bien qu´une flexibilité accrue contribue à réduire la demande en situation de pointe, il faut, pour pallier des épisodes prolongés de faible production d´énergies renouvelables intermittentes,  prévoir des moyens pilotables (par exemple : centrales à gaz ou turbines à combustion) d´une capacité variant selon l´étude entre 60 GW et 130 GW.

Développement des combustibles « synthétiques  » produits à partir d’énergies renouvelables : le développement des combustibles « synthétiques » s´impose dans la lutte contre le changement climatique. Ils seront utilisés dans le secteur des transports (combustible), dans l’industrie chimique (produit de base) et dans les centrales à gaz (vecteur d’énergie stockable pouvant être transformée en électricité). Variant d’une étude à l’autre ils pourraient satisfaire les besoins de 200 à 900 TWh d´ici 2050.  Pour mémoire : en 2018, la consommation primaire en Allemagne s’élève à environ 3600 TWh. La technologie la plus propice serait le procédé « Power-to-x ».

Nouveau mix énergétique dans le transport : les trois études concluent qu´il faut des voitures à propulsion alternative dans le secteur des transports. Environ 47 millions de voitures sont actuellement admises à la circulation. Selon les études, plus de la moitié du parc automobile serait basée sur la technologie des batteries ou propulsion hybride à l´horizon 2050. De plus les biocarburants et voitures hydrogène  (pile à combustible) feront partie de la solution.

Concernant le trafic de poids lourds, plusieurs solutions sont envisageables : pile à combustible, carburant synthétique, propulsion électrique ou routes électrifiées.

Accélération de la rénovation énergétique des bâtiments : le taux actuel de la rénovation énergétique de l´ordre de 1% serait bien trop faible. Actuellement (2018) environ 4,1 des 18,7  millions de bâtiments sont rénovés. Si ce rythme se maintenait, seulement 10 millions de bâtiments seront rénovés en 2050, à peine plus de la moitié du parc. Selon les études il faudrait augmenter le taux à 1,4 – 2% pour arriver à 13 – 16 millions de bâtiments rénovés d´ici 2050.

Prévention des émissions d´industrie : l´industrie consomme environ un quart de l´énergie finale dont 90% sont assurés par des combustibles fossiles. Selon les études il faut augmenter l´efficacité énergétique, favoriser le choix de sources d’énergie renouvelables et reconsidérer la technique de « capture et stockage du CO2 » (Carbon Capture and Storage ou CCS).

L´objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050 ne serait pas atteint avec les mesures actuellement engagées : dans un communiqué de presse commun (BDI 2019b) les trois organisations pointent du doigt le fait que les investissements en faveur du climat sont très inférieurs à ce que l´Allemagne devrait mobiliser pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés.

La Fédération de l’Industrie Allemande (BDI) va même plus loin :  l´objectif « neutralité carbone » (- 95 % d´émissions par rapport à 1990) d’ici 2050 serait irréaliste et à la limite de la faisabilité et de l’acceptabilité sociale  (BDI 2019a, 2018; Allemagne-Energies 2018a).

Une réduction de 80% des émissions de CO2 à l´horizon 2050 par rapport à 1990 nécessiterait des coûts annuels supplémentaires variant selon les études de 15 à 70 milliards d´Euros par rapport à un scénario « business as usual » ce qui correspond à 0,5 –  2 % du PIB. Selon le scénario, les dépenses totaliseront entre 500 millions et 3,4 milliards d’Euros d’ici 2050.

Ces coûts ne tiennent pas compte des effets économiques positifs du tournant énergétique générés par le développement des nouvelles technologies, la création d´emploi et les nouvelles opportunités d´exportations. Selon une étude du Ministère Fédéral de l´Environnement (BMU 2018),  l’objectif national de protection du climat ouvre à l’industrie allemande des opportunités fructueuses sur le marché mondial des produits « climat – énergie ». Le volume du marché mondial annuel de ces  produits  » GreenTech » est gigantesque. Les taux de croissance sont estimés à plus de 2 milliards d´Euros par an, pouvant dépasser un volume de 5900 milliards d´Euros d´ici 2025.

Le tournant énergétique donne bonne conscience aux allemands 

Malgré toutes  les critiques émises,  le tournant énergétique est (encore) considéré par le gouvernement allemand comme une réussite. L’adhésion des citoyens au projet reste forte ( > 90%) mais trois quarts estiment que le gouvernement doit faire plus pour la protection du climat.

Contrairement aux idées reçues, le tournant énergétique n’a conduit ni à la réouverture des centrales à charbon ni à une désindustrialisation du pays.

L´Allemagne fait toujours partie du groupe de tête en matière de sécurité d´approvisionnement notamment grâce aux parcs de production en parallèle

Une attitude confiante existe pour trouver des solutions aux problèmes techniques, en particulier l’espoir dans le stockage d´énergie à grande échelle et la digitalisation du réseau pour mieux intégrer les énergies renouvelables intermittentes.

Suivi du tournant énergétique

L’évolution du tournant énergétique est suivie en permanence. Le principal pilier est le rapport annuel du Ministère Fédéral de l´Economie et de l´Energie. Tous les trois ans, le rapport annuel est complété par un rapport d’avancement stratégique  (BMWi 2019c).

A coté d´un suivi officiel du gouvernement allemand, également publié en français, il convient de signaler:

  • le rapport annuel de l´association économique de Bavière « vbw » sur l’évolution du tournant énergétique en Allemagne et en Bavière  (vbw 2019)
  • le baromètre sur l´évolution de l´Energiewende publié par McKinsey tous les 6 mois depuis 2012  (McKinsey)

Last but not least, l´agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) publie annuellement un rapport monitoring « énergie »  (BNetzA 2018) qui comporte des informations exhaustives sur le secteur de l´énergie (électricité et gaz).

Les publications de vbw, McKinsey et l´agence fédérale des réseaux sont disponibles en allemand seulement .

Bilan d´étape 2020

L´association économique de Bavière « vbw » a publié dans son dernier rapport un bilan d´étape du tournant énergétique en Allemagne (vbw 2019). Le résultat est plutôt décevant. La plupart des objectifs principaux à l´horizon 2020 ne seront pas atteints , voir aussi (Allemagne-Energies 2019b, 2018c, 2018d).

Fig 4 Bilan TE vbw
Figure 4 : Bilan d´étape du Tournant Energétique – Écarts par rapport aux objectifs pour 2020

Sécurité Approvisionnement : Niveau jaune

La capacité des moyens pilotables est encore largement suffisante (vert) , Les coupures de courant non prévues sont parmi les plus courtes en Europe (vert).

En revanche, la lenteur de développement du réseau (rouge) a provoqué une hausse importante des interventions des gestionnaires des réseaux allemands pour éviter les coupures de courant (rouge)

Économie (Coûts d‘électricité) : Niveau rouge

Les ménages allemands payent un kWh parmi les plus chers en Europe (rouge).

Le coût du kWh de l´industrie non privilégiée est situé légèrement au dessus de la moyenne européenne (jaune).

L´industrie électro – intensive est protégée sous la forme d´un dégrèvement partiel du soutien aux énergies renouvelables et conserve un tarif compétitif ayant pour but de préserver la compétitivité internationale.

Efficacité énergétique et énergies renouvelables : Niveau rouge

L´évolution de la consommation d´électricité et de la consommation énergétique primaire est loin derrière les objectifs. Cela est aussi valable pour la productivité énergétique. Donc 3 objectifs en rouge.

Seul le rythme de développement des EnR dans le secteur électrique est élevé et a déjà dépassé l´objectif de 2020 (vert).

Impact environnemental Niveau rouge

L´objectif national d´une réduction de 40% des gaz à effet de serre  par rapport à 1990 est hors de portée.

Plateforme énergétique franco – allemande

Une plateforme énergétique franco – allemande a été décidée par le conseil des ministres franco – allemand de 2014 (ADEME et dena). C´est un projet commun de l’Agence française de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et de l’agence allemande de l’énergie (dena). En coopération avec les acteurs politiques, le monde de l’entreprise, les milieux scientifiques et la société dans son ensemble, cette plateforme élabore des projets bilatéraux relatifs à la transition énergétique.

L’Office Franco – Allemand pour la Transition Energétique (OFATE) soutient le travail de la plateforme en informant les acteurs des deux pays sur l’actualité politique relative aux énergies renouvelables et à leurs sujets connexes. L´OFATE « ..encourage la coopération franco – allemande pour l’élaboration de politiques publiques communes et de projets conjoints, et apporte son soutien aux autorités publiques et aux entreprises établies en France et en Allemagne.. ».

Bibliographie

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