Historique de la sortie du nucléaire

Texte mis à jour le 13.06.2021

Temps de lecture : 4 min (résumé exécutif) à 25 min

Biblis_1
Centrale de Biblis au sud de Francfort, dans la Hesse; 2 réacteurs à eau pressurisée : tranche A (1200 MWe) mise en service 1974 et tranche B (1300 MWe) mise en service 1976 (source RWE Power)

Résumé exécutif

L’abandon du nucléaire est un des objectifs emblématiques du tournant énergétique, plébiscité par une grande partie de la population. Le parti des Verts (Bündnis 90/Die Grünen) reste historiquement le plus ardent promoteur de la sortie du nucléaire.

C´est au début des années 2000 que la coalition des sociaux-démocrates (SPD) et des Verts s´est emparée du sujet du nucléaire qui divisait les Allemands. Une convention passée entre le gouvernement et les exploitants fixait à 32 ans la durée de fonctionnement d´une centrale nucléaire, mais sans échéance définie. A chaque réacteur un quota de térawatt heure restant à produire avant son arrêt définitif était attribué. Toute nouvelle construction de centrale nucléaire fut interdite. Cette convention fut transcrite dans l´amendement à la Loi Atomique en 2002. L´Allemagne a été le premier pays au monde ayant procédé à l´arrêt prématuré de ses centrales nucléaires sans raison technique ou économique.

Suivant l´amendement à la Loi Atomique de 2010, la durée d’exploitation des centrales nucléaires fut prolongée de 12 ans en moyenne. Mais le gouvernement a fait marche arrière quelques mois plus tard et a même accéléré la sortie du nucléaire suite à l´accident de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon.

L´amendement à la Loi Atomique de 2011 précise le calendrier de sortie : huit sur les dix-sept centrales nucléaires sont arrêtées définitivement en 2011, l´arrêt des neuf centrales restantes s´échelonne jusqu´à fin 2022.

En 2020 six centrales d´une puissance totale de 8,1 GW nets (5 réacteurs à eau pressurisée et 1 réacteur à eau bouillante) sont encore au réseau. Fin décembre 2021 trois centrales nucléaires seront arrêtées, soit plus de 4 GW nets.  Les trois dernières centrales nucléaires seront mises hors service fin 2022.

Compte tenu du retard sur le développement du réseau de transport, l´arrêt définitif du nucléaire fin 2022 risque d´accroitre les flux d´électricité entre le nord et le sud du pays. C´est pourquoi la construction des installations de soutien de réseau de 1200 MW (turbines à combustion) a été décidée pour la stabilisation du réseau en situation dégradée. Leur mise en service est prévue à partir d´octobre 2022.

Après la décision de sortie accélérée du nucléaire, les opérateurs de centrales nucléaires ont engagé des actions en justice contre la Loi Atomique de 2011 et la taxation du combustible nucléaire qui fût décidée en 2010 avec la prolongation de fonctionnement du nucléaire en Allemagne. Ils ont obtenu gain de cause devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Outre la procédure juridique engagée en Allemagne, le groupe suédois Vattenfall réclame une indemnisation à l’Etat allemand pour l’arrêt prématuré de ses centrales nucléaires devant le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements), Cour d´Arbitrage de la Banque Mondiale situé à Washington.

Le gouvernement allemand a conclu en mars 2021 un accord d´indemnisation à hauteur d´environ 2,4 milliards d´Euros avec les opérateurs de centrales nucléaires. Cet accord vise à solder définitivement la question de la compensation des quatre énergéticiens  (EnBW, E.ON/PreussenElektra, RWE et Vattenfall) pour la fermeture de leurs centrales.

En contrepartie les énergéticiens se sont engagés à retirer toutes les procédures judiciaires en cours et à s´abstenir d´engager des actions ou des recours contre le régime d´indemnisation y compris la procédure lancée par Vattenfall devant la Cour d´Arbitrage de la Banque Mondiale.

Un autre di­fférend a été réglé en 2017 concernant la gestion de déchets radioactifs. Les exploitants nucléaires ont obtenu une décharge de leur responsabilité en échange du payement d´une somme de 24 milliards d’Euros versée dans un fonds public.

L´État assume désormais la responsabilité pour l´entreposage et stockage définitif des déchets radioactifs, les énergéticiens conservent la charge de la fermeture et du démantèlement de leurs centrales, ainsi que de l’empaquetage des déchets radioactifs.

Pour le stockage de déchets de moyenne et haute activité et à vie longue (combustibles irradiés, déchets de retraitement dégageant de la chaleur), le gouvernement a décidé une nouvelle recherche d´un site de stockage définitif en raison des critiques sur le processus de sélection du dôme de sel de Gorleben en Basse-Saxe initialement prévu comme site de stockage.

Suivant une loi entrée en vigueur en 2017, l´objectif est de fixer définitivement le site d´implantation à l´horizon des années 2030. En attendant sa mise à disposition, les assemblages irradiés évacués des centrales nucléaires et les déchets de retraitement rapatriés des usines de retraitement de La Hague (France) et Sellafield (Royaume-Uni) sont stockés à sec dans des conteneurs CASTOR dans des halls de stockage construits sur des sites nucléaires.

Les futurs déchets de faible et moyenne activité seront stockés définitivement dans l´ancienne mine de fer de Konrad, proche de Salzgitter (Basse-Saxe). La mise en service de Konrad, qui devrait accueillir 303 000 m³, soit environ la moitié du volume total de ces déchets, est prévue à partir de 2027.

Les deux sites existants de stockage de déchets de faible et moyenne activité, les anciennes mines de sel d´Asse et de Morsleben, sont closes et n´accueillent plus de déchets.

La production nucléaire comptait pour un quart de la production électrique avant 2011 et avait économisé environ 120 Mt CO2 par an.

En remplaçant le nucléaire par des énergies renouvelables, la réalisation des réductions des émissions de CO2 dans le secteur électrique est loin d´être assurée dans les prochaines années : la fermeture programmée des centrales nucléaires d´ici fin 2022 entrainera un déficit supplémentaire de production bas carbone qu´ il faudra bien compenser.

Dans ce contexte différentes voix ont soulevé à plusieurs reprises la question d’une éventuelle poursuite de l’exploitation des centrales nucléaires en Allemagne.

L´opinion des allemands sur la sortie du nucléaire est partagée : selon un sondage en 2019 près d’un sur deux pense que la sortie de l’énergie nucléaire avant celle du charbon est une erreur.

Toutefois la sortie du nucléaire d´ici fin 2022 semble irréversible.

——————————————————————————————————————————-

Sommaire

Centrales nucléaires en fonctionnement en 2010 et 2020

Calendrier de sortie du nucléaire

Actions en justice des exploitants nucléaires contre la Loi Atomique

Recours pour inconstitutionnalité du 13e amendement à la Loi Atomique

Recours contre la taxe sur le combustible nucléaire

Stockage des assemblages combustibles irradiés sur les sites des centrales nucléaires en attendant la mise à disposition d´un stockage final

Rapatriement des déchets de retraitement des usines de La Hague (France) et Sellafield (Royaume-Uni)

Stockage final des déchets radioactifs

Provisions pour les coûts de démantèlement des centrales et l’empaquetage des déchets

Poursuite éventuelle de l’exploitation des centrales nucléaires pour la protection du climat

Annexe 1 : Energie Nucléaire en Allemagne

Annexe 2 : Les gestionnaires investissent dans la stabilisation de leurs réseaux de transport suite à la fermeture des centrales nucléaires

Bibliographie

—————————————————————————————————————————

Centrales nucléaires en fonctionnement en 2010 et 2020

La figure 1 montre les centrales nucléaires en fonctionnement avant Fukushima, soit 17 centrales en exploitation (11 réacteurs à eau pressurisée, 6 réacteurs à eau bouillante) sur 12 sites avec une capacité installée brute de 21,5 GW, soit environ un quart de la production d’électricité. Le nucléaire a permis d´économiser plus de 120 Mt CO2éq par an.Fig 1

Fig. 1 : Centrales nucléaires allemandes en fonctionnement en 2010

Les quatre dernières décennies, il y a toujours eu des centrales allemandes dans le top 10 mondial de la production d´électricité annuelle (atw 2019), ce qui prouve l´excellente qualité et la forte disponibilité malgré un cadre politique et médiatique hostile au nucléaire (voir figure 2).

Top Ten atw 2019
Fig. 2 : Production d´électricité annuelle des centrales nucléaires : le top 10 mondial de depuis 1981 (source atw)

Suite à l´arrêt définitif de la tranche 2 de la centrale de Philippsburg (KKP 2) fin 2019, les six centrales restantes ont produit en 2020 environ 64,3 TWh bruts. Cela correspond à un facteur de charge moyen de plus de 85%. Le tabelau 1 montre les résultats de 2020 (VGB 2021).

Tableau 1 Operating results 2020
Tableau 1 : Résultats de production des centrales nucléaires allemandes en 2020

Malgré la perturbation des arrêts de tranche à cause de la crise sanitaire, cinq des six centrales ont dépassé la production brute de 10 TWh. La centrale Isar 2, qui a été avec 12 TWh en position 6 des « top ten » mondial en 2019 (atw 2020), est en 2020 la première parmi les centrales allemandes avec 11,67 TWh.

Calendrier de sortie du nucléaire

La figure 3 illustre les principales étapes – parfois contradictoires – du calendrier de sortie du nucléaire, matérialisées par les amendements à la loi Atomique (Atomgesetz) de 2002, 2010 et 2011.

Fig 3 calendrier_1
Fig. 3 Calendriers de sortie du nucléaire – des décisions contradictoires

Le 10e amendement à la « Loi Atomique 2002 » (AtG 2002) prévoyait l´abandon progressif du nucléaire (Lauer 2001). A chaque réacteur était attribué, en térawatt heure, un quota restant à produire par réacteur avant son arrêt définitif. Dans le cas particulier de la centrale de Mülheim-Kärlich, en arrêt provisoire depuis 1988 après seulement 13 mois de fonctionnement en raison des contentieux juridiques, un quota de 107 TWh a été accordé à RWE pour report vers d´autres centrales. En contrepartie, RWE s’est engagée à fermer définitivement la centrale.

Au total, les réacteurs avaient le droit de produire 2623 TWh supplémentaires à compter du 1er Janvier 2000 correspondant à une durée théorique d´exploitation de chaque centrale de 32 ans. La loi accordait une certaine souplesse dans l´utilisation des quotas alloués (le report de quota d´une centrale vers une autre plus récente était possible). Il n´y avait pas non plus de dates butoirs de fermeture des centrales donc le temps d´arrêt d´un réacteur ne comptait pas mais la consommation du quota entrainait l´arrêt définitif de la centrale. De plus la loi de 2002 interdisait la construction de nouvelles centrales nucléaires ainsi que le transport du combustible irradié vers les centres de retraitement à partir de juillet 2005 et obligeait les exploitants à stocker le combustible irradié sur les sites des centrales.

Selon le 11e amendement à la « Loi Atomique de 2010 » (AtG 2010), le nucléaire devait bénéficier d’une prolongation de fonctionnement au titre de technologie de transition « Brückentechnologie » dans le cadre du concept énergétique 2050 pour aller vers le 80% renouvelable  (Lauer 2011a).  La prolongation se faisait par l´attribution de ~ 1804 TWh supplémentaires sans limitation de durée, quota attribué individuellement à chaque centrale, correspondant à un allongement de durée d´exploitation de 12 ans en moyenne.

Toutefois, cet allongement de la durée de production des centrales nucléaires se révéla impopulaire. Fukushima, mars 2011, fournit l’occasion de faire marche arrière (Lauer 2011b).

Le 13e amendement à la « Loi Atomique 2011 » (AtG 2011) entérine la fermeture immédiate et définitive de 8 réacteurs. Pour les 9 restants : retour aux quotas d´ électricité de 2002 (Quotas de production restants au 31.12.2013: 693 TWh) avec introduction d´une date finale d´exploitation fixe (arrêt des derniers réacteurs fin 2022)

Il n´ y avait aucune raison valable, technique ou de sûreté pour la sortie accélérée du nucléaire après l´accident de Fukushima. Le gouvernement allemand a décidé cette sortie sous la pression de l´opinion publique dans le contexte d’une année électorale délicate et sans aucune concertation avec ses partenaires européens.

La figure 4 montre les dates d´arrêt définitif des centrales nucléaires après entrée en vigueur de l´amendement à la Loi Atomique de 2011. En 2011 l’Allemagne a fermé d´un coup huit centrales nucléaires d’une capacité nette de ~ 8 400 MW dont 5000 MW en Allemagne du sud. Cela correspond à environ 7% de la production d´électricité en 2010.

Fig 4 La sortie du nucléaire d‘ici 2022
Fig. 4 Dates d´arrêt définitif des centrales nucléaires selon la Loi Atomique de 2011

A partir de 2015 la capacité nucléaire est progressivement diminuée. La centrale de Grafenrheinfeld en Bavière a été arrêtée définitivement en juin 2015, la centrale de Gundremmingen B, également en Bavière, fin 2017 (Allemagne-Energies 2018a) et la tranche 2 de la centrale de Philippsburg (Bade-Wurtemberg) le 31.12.2019 (Allemagne-Energies 2019).

Six tranches d´une puissance électrique totale nette de 8,1 GW sont encore en service. Trois tranches d´une puissance électrique totale nette d´environ 4 GW seront arrêtées définitivement fin 2021 et les trois tranches restantes au plus tard fin 2022. Cette situation sera un challenge pour la stabilité du réseau, notamment en Allemagne du sud, où résident trois des six centrales nucléaires restantes et une partie importante de l’industrie.

L´électricité éolienne produite dans le nord doit donc être acheminée vers les centres de consommation situés dans le sud du pays. Compte tenu du retard sur le développement des tracés nord – sud en courant continu, désormais prévus au plus tôt à partir de 2025, l´arrêt définitif du nucléaire fin 2022 risque donc d´accroitre les flux d´électricité entre le nord et le sud du pays. C´est pourquoi la construction des installations de soutien de réseau « besondere netztechnische Betriebsmittel » de 1200 MW (4 tranches à 300 MW) a été décidée pour la stabilisation du réseau en situation dégradée. Leur mise en service est prévue à partir d´octobre 2022 (cf. annexe 2).

Actions en justice des exploitants nucléaires contre la Loi Atomique

Recours pour inconstitutionnalité du 13e amendement à la Loi Atomique

Le 13e amendement d´août 2011 ne prévoit aucune compensation pour les pertes de recettes par rapport aux quotas d’électricité accordés dans le cadre de la Loi Atomique de 2002 (Lauer 2014).

RWE, E.ON et Vattenfall ont déposé recours auprès de la Cour Constitutionnelle allemande pour inconstitutionnalité du 13e amendement à la Loi Atomique. EnBW n’a pas fait de recours en justice. La décision a été essentiellement fondée sur le fait qu´EnBW appartient en grande partie au Land de Bade-Wurtemberg.

Outre la procédure juridique engagée en Allemagne, le groupe suédois Vattenfall réclame plus de 6 milliards d’Euros intérêts compris à l’Etat allemand (BMWi 2020; ICSID) pour l’arrêt de Krümmel et Brunsbüttel devant le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements), Cour d´Arbitrage de la Banque Mondiale situé à Washington. RWE et E.ON, producteurs allemands, ne peuvent utiliser ce recours.

La procédure d´arbitrage est en cours depuis 2012. Selon le gouvernement allemand, la demande de dédommagement de Vattenfall n´est pas justifiée et il tente par tous les moyens de retarder le prononcé d´un jugement. Le jugement du CIRDI était initialement attendu en 2018 mais, suite aux deux tentatives du gouvernement allemand de disqualifier les 3 juges du CIRDI pour partialité, la procédure a été retardée. Les charges contre les juges du CIRDI ont été à nouveau rejetées début juillet 2020 par le président de la Banque Mondiale dans sa fonction de président du conseil d´administration du CIRDI. Suite à l´accord trouvé avec  l´État allemand en 2021 sur l´indemnisation pour la fermeture des centrales nucléaires, Vattenfall s´est engagé à retirer toutes les procédures judiciaires en cours y compris la procédure lancée devant la Cour d´Arbitrage de la Banque Mondiale (voir plus loin).

En décembre 2016, la Cour Constitutionnelle allemande de Karlsruhe a rendu un jugement selon lequel les électriciens sont en droit d’exiger une indemnisation pour (Lauer 2016a) :

  • les pertes d´exploitation par rapport aux quotas d’électricité accordés dans le cadre de la Loi Atomique de 2002. Celle-ci attribuait un quota (en térawattheure) à produire par réacteur. La Loi Atomique de 2011 a rendu impossible la production de ces quotas, notamment ceux accordés aux centrales nucléaires de Vattenfall (Krümmel et Brunsbüttel) et de RWE (Mülheim-Kärlich)
  • les investissements engagés entre le 28 octobre 2010 et 16 mars 2011 suite à l´allongement de durée d´exploitation de 12 ans en moyenne fixé par la Loi Atomique de 2010.

En revanche, la Cour ne remet pas en question la sortie du nucléaire d’ici 2022. Il n’y a donc pas d’ « expropriation illégale » comme invoquée par les exploitants.

Pour la mise en œuvre du jugement, le législateur a adopté le 16e amendement à la Loi Atomique en juillet 2018  (BMU 2018), (Allemagne-Energies 2018b).

En novembre 2020, la Cour Constitutionnelle allemande de Karlsruhe a publié son jugement de fin septembre 2020 (Allemagne-Energies 2020) selon lequel le 16e amendement de juillet 2018 est inapplicable et entaché d´irrégularités formelles. Par voie de conséquence, le gouvernement allemand devait notamment revoir le dispositif d´indemnisation prévu pour la sortie accélérée du nucléaire, donnant raison au groupe suédois Vattenfall qui jugeait insuffisant le mécanisme de compensation et avait porté l´affaire en justice.

Le gouvernement allemand a conclu en mars 2021 un accord avec les quatre exploitants nucléaires (EnBW, E.ON/PreussenElektra, RWE et Vattenfall) sur le mécanisme d´indemnisation et sur tous les litiges juridiques connexes (BMWi 2021; Allemagne-Energies 2021). L´État accordera une indemnisation totale d´environ 2,428 milliards d´Euros aux quatre énergéticiens allemands dont 2,285 milliards d’Euros seront accordés au titre de quota d´électricité non produite et 142,5 millions d´Euros pour indemniser les investissements échoués. Les exploitants nucléaires avaient réalisé des investissements en misant sur une durée de vie prolongée des centrales fixée par l´amendement de 2010 à la Loi Atomique quelques mois avant l´accident de Fukushima.

Si l´accord est conclu, les énergéticiens s´engagent à retirer toutes les procédures judiciaires en cours et à s´abstenir d´engager des actions ou des recours contre le régime d´indemnisation. Cela inclut également la clôture de la procédure d´arbitrage international du groupe Vattenfall contre la République fédérale d´Allemagne au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements à Washington (voir plus haut).

Le règlement final fera l´objet d´une modification de la Loi Atomique et sera soumis à l´approbation de la Commission européenne en vertu de la réglementation des aides d´État.

Le gouvernement allemand souligne  que l´accord n´a pas de conséquences sur la sortie du nucléaire. Les dernières centrales nucléaires allemandes seront arrêtées au plus tard fin 2022.

Recours contre la taxe sur le combustible nucléaire

RWE, E.ON et EnBW  ont également porté plainte contre la taxe sur le combustible nucléaire. La taxe sur le combustible nucléaire fut décidée en 2010 avec la prolongation de fonctionnement du nucléaire en Allemagne. Elle a ensuite été maintenue par l’Etat malgré la décision de 2011 de la sortie accélérée du nucléaire.

La Cour Constitutionnelle allemande a jugé début juin 2017 que la taxation du combustible nucléaire était illégale (Lauer 2017). Les exploitants nucléaires E.ON, RWE et EnBW ont reçu un remboursement de 7 milliards d’Euros intérêts inclus.

Stockage des assemblages combustibles irradiés sur les sites des centrales nucléaires en attendant la mise à disposition d´un stockage final

En attendant la mise à disposition d´un site de stockage définitif, les assemblages irradiés évacués des centrales nucléaires sont stockés à sec dans des conteneurs CASTOR dans des halls de stockage (voir figure 5) construits sur chaque site conformément à l´amendement de 2002 de la Loi Atomique 2002 (voir plus haut).

Fig 5 Hall Castor
Fig. 5 : Hall de stockage pour conteneurs CASTOR

Rapatriement des déchets de retraitement des usines de La Hague (France) et Sellafield (Royaume-Uni)

Jusqu`en 2005 les exploitants nucléaires ont fait retraiter leurs assemblages irradiés en France et au Royaume -Uni. Depuis mi-2005 le transport du combustible irradié vers les centres de retraitement à l´étranger est interdit selon la Loi Atomique 2002 (voir plus haut).

Le droit international oblige l´Allemagne à la reprise des déchets de retraitement. En grande partie ces déchets ont été déjà retournés en Allemagne : en 2011 108 conteneurs CASTOR contenant des déchets hautement radioactifs de l´usine de retraitement de La Hague avaient été transportés au centre de stockage de Gorleben.

25 autres conteneurs CASTOR contenant des déchets vitrifiés de retraitement doivent être rapatriés dans les prochaines années (BGZ 2019). Il est prévu de stocker ces 25 conteneurs dans des halls de stockage sur des sites nucléaires. Quatre sites ont été sélectionnés pour récupérer ces déchets (voir figure 6).

Sur les déchets hautement radioactifs vitrifiés, issus de l´usine de retraitement de Sellafield au Royaume –Uni, six conteneurs seront entreposés dans le hall de stockage de Biblis, sept à Brokdorf et sept à Isar.

En juin 2021, le parlement allemand a adopté une nouvelle solution pour la reprise des déchets radioactifs issus de l´usine de retraitement de La Hague en France, qui permettra de réduire le nombre de transports et les coûts (BGZ 2021).

Trois à cinq conteneurs de déchets hautement radioactifs au lieu de cinq conteneurs de déchets de moyenne activité initialement prévus seront désormais entreposés dans le hall de stockage sur site de Philippsburg. Les déchets de structures des combustibles restent en France. Cela permettra d´achever le processus de rapatriement d´ici 2024 au lieu des années 2040.

A l´origine il était prévu d´entreposer 152 conteneurs contenant ces déchets de structures dans le centre de stockage provisoire d´Ahaus.

Au total, l’Allemagne reprend à la France la même quantité de radioactivité que celle convenue initialement. Cependant, le volume des déchets et donc le nombre de transports sont réduits. La partie française, en revanche, supporte des coûts supplémentaires pour le stockage final d´un plus grand volume de déchets de structures des combustibles et reçoit une indemnisation de la part de l´Allemagne.

Fig Retour Castor
Fig. 6 : Rapatriement prévu des 25 conteneurs CASTOR contenant des déchets vitrifiés de retraitement (source BGZ)

Les procédures d´autorisation suivant la Loi Atomique sont conduites par BGZ depuis janvier 2019 (voir ci-dessous). Le rapatriement des conteneurs est prévu à partir de 2020. Les 6 premiers conteneurs ont été transportés de l´usine de retraitement de Sellafield au site nucléaire de Biblis en novembre 2020 (BGZ 2020).

Stockage final des déchets radioactifs

Avec l´évacuation du combustible et le démantèlement des centrales nucléaires, la question du stockage des déchets radioactifs revient à la une (Lauer 2016c).

Pour les déchets radioactifs dépassant le seuil de libération défini par l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement (BMJV), le concept allemand repose sur deux lieux différents de stockage final :  un pour le stockage de déchets de faible et moyenne activité  « FMA – VC » (déchets d‘exploitation et de démantèlement des centrales dégageant très peu de chaleur) d´un volume estimé à 620000 m³ et un autre pour le stockage de déchets de moyenne et haute activité et à vie longue « HA et MA – VL » (combustibles irradiés, déchets vitrifiés de retraitement dégageant de la chaleur) d´un volume environ 27000 m³ (BGE 2).

Les futurs déchets « FMA – VC » seront stockés dans l’ancienne mine de fer de Konrad, proche de Salzgitter (Basse-Saxe). Konrad, qui devrait en accueillir environ 303000 m³, est actuellement en construction et sa mise en service maintenant prévue à partir de 2027, soit un retard de presque 5 ans sur le planning initial (voir communiqué de presse BGE mars 2018 (BGE 2018)).

Il existe 2 autres sites de stockage de déchets « FMA – VC » : les anciennes mines de sel d’Asse et de Morsleben. Les 2 sites sont closes et n´accueillent plus de déchets. Il est prévu de récupérer entièrement ceux stockés dans la mine d´Asse et de fermer définitivement la mine de Morsleben.

Fig. 7 Sites de stockage définitif de déchets radioactifs

Concernant le stockage définitif des déchets « HA et MA – VL » exothermiques d´environ 27000 m³, la situation reste en attente des décisions du gouvernement. Le site de référence était initialement le dôme de sel de Gorleben, situé à l’extrême nord-est de la Basse-Saxe, en exploration depuis 1979  (voir figure 7). Cependant, le gouvernement a décidé une nouvelle recherche d´un site de stockage définitif des déchets exothermiques en raison des critiques sur le processus de sélection de Gorleben. Une loi est entrée en vigueur en 2017 qui décrit le processus de sélection du site.

Suite à une première évaluation en septembre 2020 des potentiels sites de stockage définitif en Allemagne, le site de Gorleben a été déclaré inadapté et ne sera plus pris en compte dans la recherche du futur site (BGE 2020).

Le but est de fixer définitivement le site d´implantation à l´horizon des années 2030. Ensuite seulement pourront commencer l´aménagement et la construction qui nécessiteront au minimum 20 ans. Toutefois, le chemin menant à l´adoption finale d´un site de stockage pour les déchets de haute activité sera long et rocailleux et ce choix devenu une tâche de générations.

En principe le financement de la gestion des déchets radioactifs revient aux producteurs, selon le principe du « pollueur-payeur ». Mais compte tenu de l’issue totalement incertaine du projet, le gouvernement et les exploitants ont trouvé un accord fin 2016 après de longues négociations (Lauer 2016b). Les énergéticiens conservent la charge de la fermeture et du démantèlement des centrales, ainsi que de l’empaquetage des déchets, mais l´État assume désormais la responsabilité pour l´entreposage et stockage définitif des déchets.

Pour cela l´État a créé des nouvelles entités :

  • La société fédérale pour la sûreté de l’évacuation des assemblages irradiés et des déchets nucléaires BASE (Bundesamt für die Sicherheit der nuklearen Entsorgung) supervise le stockage intérimaire et définitif ainsi que le transport des assemblages irradiés et des déchets radioactifs (BASE).
  • La société fédérale pour le stockage définitif BGE (Bundesgesellschaft für Endlagerung) assure les taches opérationnelles du stockage définitif des déchets radioactifs (BGE 1) et est entre autres responsable pour la recherche d´un nouveau site de stockage définitif des déchets « HA et MA – VL ».
  • La société fédérale pour le stockage intérimaire des déchets BGZ (Bundesgesellschaft für Zwischenlagerung). Elle est responsable pour le stockage intérimaire des déchets « HA et MA – VL » entreposés sur les sites centraux de Gorleben et Ahaus ainsi que dans les 12 halls de stockage construits sur chaque site de centrales nucléaires, notamment pour le stockage des assemblages irradiés à sec dans des conteneurs CASTOR. La responsabilité pour les sites centraux et les sites décentralisés auprès des centrales nucléaires a été transférée à la BGZ début 2019. Depuis 2020 la BGZ a également pris en charge les 12 installations d´entreposage des déchets de faible et moyenne radioactivité situées sur les sites de centrales nucléaires (BGZ). Dans ces installations sont stockés temporairement les déchets résiduels provenant de l’exploitation et du démantèlement des centrales nucléaires jusqu’à leur transfert vers le centre de stockage de Konrad (voir plus haut).

Pour le financement des coûts de stockage, les énergéticiens ont versé ~ 24,1 milliards d´Euros, intérêts compris, dans un fonds public de gestion des déchets nucléaires. La loi pour la création du fonds public (BMJV 2017a; BGBL 2017) est entrée en vigueur en juin 2017 après feu vert de la Commission européenne.

Provisions pour les coûts de démantèlement des centrales et l´empaquetage des déchets

Les quatre énergéticiens sont responsables pour le démantèlement de 23 centrales nucléaires. Outre les 17 centrales en fonctionnement en 2010, ce chiffre inclut les 6 centrales nucléaires arrêtées avant 2010, à savoir les centrales Obrigheim, Stade, Würgassen, Mülheim-Kärlich, Gundremmingen A et Lingen, cf. figure A.1.1.

Le démantèlement des anciennes centrales nucléaires de la RDA et des réacteurs de recherche est financé par l’État, cf. (KernD 2013).

Selon la Loi de 2017 pour la transparence sur le démantèlement des centrales nucléaires (BMJV 2017b), les énergéticiens sont obligés de transmettre annuellement à l´Office fédéral de l’économie et du contrôle de l´exportation (Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle, BAFA) un plan des provisions pour les coûts de fermeture et de démantèlement des centrales ainsi que pour l´empaquetage des déchets. Après examen par le BAFA, les informations sont soumises au parlement fédéral pour information.

Selon le dernier rapport de novembre 2020, les provisions des énergéticiens seraient suffisantes (BAFA). Les provisions enregistrées dans leurs bilans s´élèvent à 22 milliards d´Euros au 31.12.2019  pour les 23 centrales. Pour les années 2020 et 2021 les dépenses de démantèlement sont estimées à 1,5 milliards d´Euros par an. Les dépenses de démantèlement les plus élevées sont attendues avec l´arrêt définitif des dernières centrales nucléaires d´ici 2022. Elles sont ensuite estimées à 1,8 milliards d’Euros annuellement pour les années de 2022 à 2027 (cf. figure 8).

Fig 8 Couts demantelement
Figure 8 : Evolution des dépenses annuelles de démantèlement de 2020 à 2043

Poursuite éventuelle de l’exploitation des centrales nucléaires pour la protection du climat

Malgré les efforts considérables employés pour le développement des énergies renouvelables, la réalisation des objectifs climatiques est loin d´être assurée. Sans qu´une seule tonne de CO2 supplémentaire soit économisée, une augmentation de 25% de la production renouvelable d´ici fin 2022 serait nécessaire pour pallier les 64 TWh nucléaires produits en 2020.

Dans ce contexte, différentes voix ont soulevé à plusieurs reprises la question d´une éventuelle poursuite de l´exploitation des centrales nucléaires en Allemagne.

L´opinion des allemands sur la sortie du nucléaire est partagée : près d’un sur deux pense que la sortie de l’énergie nucléaire avant celle du charbon est une erreur – sondage réalisé par l’institut Civey en février 2019 à la demande du Verivox (plus grand portail indépendant de comparaison d’énergie en Allemagne) sur 5 006 personnes âgées de 18 ans et plus (Verivox 2019). La sortie du nucléaire est toujours perçue comme prioritaire par la moitié des citoyens (49,5%) alors que 44,1% estiment qu´il fallait commencer par la sortie du charbon : la question de la plus grande nuisibilité du nucléaire ou du charbon suit leur appartenance politique. Les électeurs des Verts et des sociaux-démocrates mais aussi 54% des femmes approuvent majoritairement la sortie prioritaire du nucléaire tandis que les électeurs des chrétiens démocrates et des libéraux auraient préféré un ordre inverse c´est-à-dire d´abord commencer par la sortie du charbon.

Toutefois la sortie du nucléaire d´ici fin 2022 semble irréversible. C´est aussi l´avis de l’Association allemande du nucléaire (KernD 2019).

D’un point de vue technique, les centrales nucléaires en Allemagne pourraient être exploitées plus longtemps que ne le prescrit la Loi Atomique. Mais en raison de la préparation avancée de la fermeture définitive des centrales, il y aurait des obstacles considérables entre-temps, par exemple en ce qui concerne la disponibilité de personnel d´exploitation suffisamment qualifié et l’approvisionnement en assemblages combustibles. Des exigences règlementaires supplémentaires se présenteraient également et un ajustement de la législation (modification de la Loi Atomique) serait nécessaire.

Toutefois, l’énergie nucléaire est une énergie pilotable et décarbonée et devrait continuer à contribuer à la production d´électricité au niveau européen.

Annexe 1 : Energie Nucléaire en Allemagne

055standortkarte
Figure : Energie Nucléaire en Allemagne, Source KernD, avril 2020

Annexe 2 : Les gestionnaires investissent dans la stabilisation de leurs réseaux de transport suite à la fermeture des centrales nucléaires

Six tranches nucléaires sont actuellement encore en service. Trois des six centrales nucléaires (puissance totale nette environ 4 GW) résident en Allemagne du sud (Isar tranche 2 – arrêt fin 2022, Neckarwestheim tranche 2 – arrêt fin 2022 et Gundremmingen tranche C – arrêt fin 2021).

Tandis que la production dans le nord du pays équivaut pratiquement au double de la consommation suite au fort développement de l´éolien dans ces régions, il y a un déficit notamment dans le sud où se trouve une partie importante de l’industrie et donc de la consommation électrique.

L´électricité éolienne produite dans le nord doit donc être acheminée vers les centres de consommation situés dans le sud du pays. Par conséquent, le développement des grands réseaux de transport est une tâche essentielle. L´épine dorsale est constituée par plusieurs tracés nord – sud en courant continu. Or le développement du réseau de transport est en retard et la mise en service de ces tracés nord – sud prévue au plus tôt à partir de 2025.

En l´absence de ces tracés nord – sud, l´arrêt définitif du nucléaire fin 2022 risque donc d´accroitre les flux d´électricité entre le nord et le sud du pays, et l´Agence fédérale des réseaux craint pour l´équilibre du réseau en situation dégradée (BNetzA 2017).

1200 MW pour la stabilisation du réseau en situation dégradée

L´Agence fédérale des réseaux a initié en 2017 la construction d´une capacité de soutien de réseau  « besondere netztechnische Betriebsmittel » de 1200 MW (4 installations à 300 MW)  dans les régions du sud de l’Allemagne.

Leur objectif est la stabilisation du réseau en cas d´une situation dégradée (violation du critère N-1. Pour mémoire : le respect du critère N-1 est un paramètre essentiel pour l´exploitation du réseau de transport. Ce critère veut qu´en cas de défaillance d´un élément vital du système, les éléments restant en fonctionnement soient en mesure de s´adapter aux nouvelles conditions d´exploitation sans enfreindre les limites de sécurité opérationnelle des réseaux.

Ces installations fonctionneront donc uniquement en cas de besoin si la sécurité du système est menacée. En revanche, la commercialisation de l´électricité produite est exclue.

La mise en service des installations est prévue à partir d´octobre 2022. Elles seront maintenues en fonctionnement pendant dix ans en attendant la mise en service des tracés nord-sud à courant continu.

À l´origine il a été prévu que la construction et l´exploitation de ces installations soient assurées par les gestionnaires de réseau de transport. Suite à l´objection de la Commission européenne en matière d´aides d´État, il a été décidé que la construction et l´exploitation seraient confiées à des tiers et que l´adjudication serait effectuée selon des procédures d´appels d´offres «technologiquement neutres» : en d´autres termes, qu´il n’y aurait pas de désignation préalable technologique, par exemple des turbines à combustion, mais des charges interruptibles et des installations de stockage d´énergie pourraient donc également être une option.

Les trois gestionnaires de réseaux de transport Amprion, Tennet et TransnetBW ont été chargés de la mise en œuvre des procédures d´appels d´offres et d´adjudication (TenneT 2018).

Les quatre installations attribuées sont des turbines à combustion.

Le GRT Tennet a attribué un contrat en janvier 2019 à la société Uniper pour la construction de turbine à gaz à grand rendement de 320 MW de puissance électrique sur le site d´Irsching en Bavière (TenneT 2019). La nouvelle unité 6 est une turbine à gaz « heavy duty » à cycle ouvert (Open Cycle Gas Turbine – OCGT).

EnBW s´est vu attribuer en août 2019 un contrat par le GRT TransnetBW pour la construction d´une turbine à combustion à cycle ouvert de 310 MW de puissance électrique à Marbach au nord de Ludwigsbourg en Bade-Wurtemberg (TransnetBW 2019). Elle sera alimentée au gazole extra léger en raison d´une congestion de l’approvisionnement en gaz dans la région.

Le GRT Amprion a attribué en novembre 2020 à RWE le contrat de construction et d’exploitation d´une centrale à gaz (11 turbines à gaz d´une puissance électrique totale de 428 MW- 11* 38,9 MWe) sur le site nucléaire de Biblis en Hesse (Amprion 2020; RWE 2020).

netzstabilit--tsanlage-biblis_1605277111
Figure A2.1 Photomontage de la future installation de turbines à gaz sur le site nucléaire de Biblis au sud de Francfort (source RWE)

La dernière turbine à combustion de 300 MW, attribuée par Amprion en février 2021 (Amprion 2021), est située à Leipheim en Bavière, environ 30 km au nord-est d´Ulm. La construction et l´exploitation sont assurées par la société LEAG (Lausitz Bergbau AG). La mise en service est prévue en août 2023.

Même si des informations officielles ne peuvent être données qu´une fois toutes les procédures d´appel d´offres terminées, selon une réponse du gouvernement allemand à une demande des parlementaires (Deutscher Bundestag 2019), les coûts de construction des 4 installations sont évalués à environ 800 millions d´Euro. A cela s´ajoutent les frais de fonctionnement pendant 10 ans.  Ces coûts seront financés via le tarif d´utilisation du réseau par le consommateur.

Bibliographie

Allemagne-Energies (2018a) Arrêt définitif de la tranche B de la centrale nucléaire de Gundremmingen après 33 ans. En ligne : https://allemagne-energies.com/2018/01/08/arret-definitif-de-la-tranche-b-de-la-centrale-nucleaire-de-gundremmingen-apres-33-ans/.

Allemagne-Energies (2018b) Sortie accélérée du nucléaire en Allemagne – dédommagement des énergéticiens. En ligne : https://allemagne-energies.com/2018/05/01/sortie-acceleree-du-nucleaire-en-allemagne-dedommagement-des-energeticiens-en-perspective/.

Allemagne-Energies (2019) Arrêt définitif de la tranche 2 de la centrale nucléaire de Philippsburg après 35 ans. En ligne : https://allemagne-energies.com/2019/12/29/arret-definitif-de-la-tranche-2-de-la-centrale-nucleaire-de-philippsburg-apres-35-ans/.

Allemagne-Energies (2020) Sortie du nucléaire : la Cour Constitutionnelle allemande demande au gouvernement de modifier la Loi Atomique dans les plus brefs délais afin d’éliminer les entorses aux droits fondamentaux. Allemagne-Energies. En ligne : https://allemagne-energies.com/2020/11/16/sortie-du-nucleaire-la-cour-constitutionnelle-allemande-demande-au-gouvernement-de-modifier-la-loi-atomique-dans-les-plus-brefs-delais-afin-deliminer-les-entorses-aux-droits-fondamentaux/.

Allemagne-Energies (2021) Sortie du nucléaire : accord sur le mécanisme d´indemnisation des énergéticiens allemands. Allemagne-Energies. En ligne : https://allemagne-energies.com/2021/03/05/sortie-du-nucleaire-accord-sur-le-mecanisme-dindemnisation-des-energeticiens-allemands/.

Amprion (2020) Amprion erteilt Zuschlag für besonderes netztechnisches Betriebsmittel. Communiqué de presse du 13.11.2020. Amprion. En ligne : https://www.amprion.net/Presse/Presse-Detailseite_28608.html.

Amprion (2021) Amprion erteilt Zuschlag für besonderes netztechnisches Betriebsmittel. Communiqué de presse du 10.02.2021. Amprion. En ligne : https://www.amprion.net/Presse/Presse-Detailseite_30080.html.

atw (2019) Operating Results 2018. Top Ten : Electricity production 1981 to 2018, Nuclear Power Plants. In : International Journal of Nuclear Power (atw), vol. 64, n° 5.

atw (2020) Operating results 2019. In : International Journal of Nuclear Power (atw), vol. 65, n° 8/9.

BAFA Rückbau-Rückstellungen Kernkraftwerke. Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle. En ligne : https://www.bafa.de/DE/Wirtschafts_Mittelstandsfoerderung/Handwerk_Industrie/Rueckbau_Rueckstellungen_Kernkraftwerke/rueckbau_rueckstellungen_kernkraftwerke_node.html.

BASE Aufgabe des BASE. Bundesamt für die Sicherheit der nuklearen Entsorgung. En ligne : https://www.base.bund.de/DE/base/bundesamt/aufgaben/aufgaben_node.html.

BGBL (2017) Gesetz zur Neuordnung der Verantwortung in der kerntechnischen Entsorgung. Bundesgesetzblatt Jahrgang 2017 Teil I Nr. 5, ausgegeben zu Bonn am 2. Februar 2017. Bundesgesetzblatt. En ligne : https://www.bgbl.de/xaver/bgbl/start.xav?start=%2F%2F*%5B%40attr_id%3D%27bgbl117s0114.pdf%27%5D#__bgbl__%2F%2F*%5B%40attr_id%3D%27bgbl117s0114.pdf%27%5D__1615284198307.

BGE (1) Aufgaben der BGE. BGE – Bundesgesellschaft für Endlagerung mbH. En ligne : https://www.bge.de/de/bge/aufgaben/.

BGE (2) Types of waste and how they are generated. BGE – Bundesgesellschaft für Endlagerung mbH. En ligne : https://www.bge.de/en/translate-to-englisch-radioaktive-abfaelle/translate-to-englisch-abfallarten-und-entstehung/.

BGE (2018) Nr. 01/18 – Fertigstellung des Endlagers Konrad verzögert sich, BGE – Bundesgesellschaft für Endlagerung mbH. En ligne : https://www.bge.de/de/pressemitteilungen/2018/03/pm-0118-fertigstellung-des-endlagers-konrad-verzoegert-sich/.

BGE (2020) Summary Sub-areas Interim Report according to Section 13 StandAG. As per 28/09/2020. BGE – Bundesgesellschaft für Endlagerung mbH. En ligne : https://www.endlagersuche-infoplattform.de/SharedDocs/IP6/BASE/DE/20200928_Zwischenbericht_Teilgebiete_Zusammenfassung_englisch.pdf?__blob=publicationFile&v=4.

BGZ Willkommen bei der BGZ. BGZ Gesellschaft für Zwischenlagerung mbH. En ligne : https://bgz.de/.

BGZ (2019) Rücknahme radioaktiver Abfälle aus der Wiederaufarbeitung. BGZ Gesellschaft für Zwischenlagerung mbH. En ligne : https://rueckfuehrung.bgz.de/.

BGZ (2020) Biblis: CASTOR-Behälter aus Sellafield am Standort eingetroffen. Communiqué de presse du 4.11.2020. BGZ Gesellschaft für Zwischenlagerung mbH. En ligne : https://bgz.de/2020/11/04/biblis-castor-behaelter-aus-sellafield-am-standort-eingetroffen/?pdf=6727.

BGZ (2021) Im Konsens beschlossen: Faire regionale Verteilung. BGZ Gesellschaft für Zwischenlagerung mbH. En ligne : https://rueckfuehrung.bgz.de/.

BMJV Strahlenschutzverordnung (StrlSchV). Annexe 3 et 4. Bundesministerium der Justiz und für Verbraucherschutz. En ligne : http://www.gesetze-im-internet.de/strlschv_2018/.

BMJV (2017a) Gesetz zur Neuordnung der Verantwortung in der kerntechnischen Entsorgung. Bundesministerium der Justiz und für Verbraucherschutz. En ligne : https://www.gesetze-im-internet.de/vkenog/VkENOG.pdf.

BMJV (2017b) Gesetz zur Transparenz über die Kosten der Stilllegung und des Rückbaus der Kernkraftwerke sowie der Verpackung radioaktiver Abfälle (Transparenzgesetz). Bundesministeriums der Justiz und für Verbraucherschutz. En ligne : https://www.gesetze-im-internet.de/transparenzg/TransparenzG.pdf.

BMU (2018) Gesetzgeber beschließt Novelle zur Fortführung des beschleunigten Atomausstiegs. Novelle setzt Urteil des Bundesverfassungsgerichts vom 6. Dezember 2016 um. Pressemitteilung Nr. 144/18, BMU – Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz und nukleare Sicherheit. En ligne : https://www.bmu.de/pressemitteilung/gesetzgeber-beschliesst-novelle-zur-fortfuehrung-des-beschleunigten-atomausstiegs/.

BMWi (2020) Schiedsverfahren Vattenfall AB et al. gegen Bundesrepublik Deutschland (ICSID Fall Nr. ARB/12/12). En ligne : https://www.bmwi.de/Redaktion/DE/Artikel/Energie/vattenfall-gegen-bundesrepublik-deutschland.html.

BMWi (2021) Bundesregierung und Energieversorger verständigen sich auf finanziellen Ausgleich und Beilegung aller Rechtsstreitigkeiten zum Atomausstieg. Communiqué de presse commun avec le ministère d´environnement et le ministère de finance du 5.3.2021. Bundesministerium für Wirtschaft und Energie. En ligne : https://www.bmwi.de/Redaktion/DE/Pressemitteilungen/2021/03/20210305-bundesregierung-und-energieversorger-verstaendigen-sich-auf-finanziellen-ausgleich-und-beilegung-aller-rechtsstreitigkeiten-zum-atomausstieg.html.

BNetzA (2017) Bericht zur Ermittlung des Bedarfs an Netzstabilitätsanlagen. gemäß §13k EnWG. Bundesnetzagentur. En ligne : https://www.bundesnetzagentur.de/SharedDocs/Downloads/DE/Sachgebiete/Energie/Unternehmen_Institutionen/Versorgungssicherheit/Berichte_Fallanalysen/BNetzA_Netzstabilitaetsanlagen13k.pdf?__blob=publicationFile&v=3.

Deutscher Bundestag (2019) Kosten und Betrieb von besonderen netztechnischen Betriebsmitteln. Drucksache 19/11051 du 21.06.2019. Deutscher Bundestag. En ligne : https://dip21.bundestag.de/dip21/btd/19/110/1911051.pdf.

ICSID Vattenfall AB and others v. Federal Republic of Germany (ICSID Case No. ARB/12/12). International Centre for Settlement of Investment Disputes – World Bank Group. En ligne : https://icsid.worldbank.org/en/Pages/cases/casedetail.aspx?CaseNo=ARB%2f12%2f12.

KernD (2013) Stilllegung und Rückbau von Kernkraftwerken. Kerntechnik Deutschland e.V. (KernD). En ligne : https://www.kernd.de/kernd-wAssets/docs/service/060rueckbau-von-kkw.pdf.

KernD (2019) Stellungnahme zur Diskussion über einen bedarfsorientierten Weiterbetrieb von Kernkraftwerken aus klimapolitischen Gründen. Kerntechnik Deutschland e.V. (KernD). En ligne : https://www.kernd.de/kernd-wAssets/docs/presse/KernD_Stellungnahme_Weiterbetrieb_KKW_20190710.pdf.

Lauer, H. (2001) Où en est le nucléaire en Allemagne ? Un entretien avec Hartmut Lauer, Directeur de la centrale de Biblis. In : Revue Générale Nucléaire (RGN), Mai-Juin 2001, n° 3.

Lauer, H. (2011a) Les retombées sur le nucléaire du nouveau concept énergétique allemand. In : Revue Générale Nucléaire (RGN), Janvier-Février 2011, n° 1.

Lauer, H. (2011b) Tournant énergétique en Allemagne suite à l´accident de Fukushima. In : Revue Générale Nucléaire (RGN), Septembre-Octobre 2011, n° 5.

Lauer, H. (2014) Conséquences économiques de l’arrêt des réacteurs en Allemagne. In : Revue Générale Nucléaire (RGN), Novembre-Décembre 2014, n° 6.

Lauer, H. (2016a) Fermeture de réacteurs : indemnisation des électriciens allemands en vue. SFEN. En ligne : http://www.sfen.org/rgn/fermeture-reacteurs-indemnisation-electriciens-allemands-vue.

Lauer, H. (2016b) Le casse-tête financier de la fin du nucléaire allemand. SFEN. En ligne : http://www.sfen.org/rgn/casse-tete-financier-fin-nucleaire-allemand.

Lauer, H. (2016c) Stockage final des déchets radioactifs en Allemagne – Quo vadis ? SFEN. En ligne : http://www.sfen.org/rgn/stockage-final-dechets-radioactifs-allemagne-quo-vadis.

Lauer, H. (2017) Allemagne : jugement de la cour constitutionnelle, la taxe sur le combustible était illégale. SFEN. En ligne : http://www.sfen.org/rgn/allemagne-jugement-cour-constitutionnelle-taxe-combustible-etait-illegale.

RWE (2020) RWE Biblis gas turbine power plant. Reliable energy supply for Southern Germany. En ligne : https://www.group.rwe/en/our-portfolio/innovation-and-technology/project-proposals/biblis-gas-turbine-power-plant.

TenneT (2018) Amprion, TenneT und TransnetBW schreiben besondere netztechnische Betriebsmittel aus. En ligne : https://www.tennet.eu/de/news/news/amprion-tennet-und-transnetbw-schreiben-besondere-netztechnische-betriebsmittel-aus/.

TenneT (2019) Besondere netztechnische Betriebsmittel: TenneT erteilt Zuschlag an Uniper. Communiqué de presse du 09.01.2019. En ligne : https://www.tennet.eu/fileadmin/user_upload/Company/News/German/Hoerchens/2019/20190109_PM-TenneT-besondere-netztechnische-Betriebsmittel.pdf.

TransnetBW (2019) TransnetBW vergibt Auftrag für besondere netztechnische Betriebsmittel. Communiqué de presse du 20.08.2019. TransnetBW. En ligne : https://www.transnetbw.de/de/presse/presseinformationen/presseinformation/transnetbw-vergibt-auftrag-fuer-besondere-netztechnische-betriebsmittel.

Verivox (2019) Atom-Aus vor Kohle-Aus: Fast jeder Zweite hält das für einen Fehler. En ligne : https://www.verivox.de/nachrichten/atom-aus-vor-kohle-aus-fast-jeder-zweite-haelt-das-fuer-einen-fehler-121640/.

VGB (2021) Betriebsergebnisse der Kernkraftwerke. VGB Power Tech e.V. En ligne : https://www.vgb.org/betriebsergebnisse.html#prettyPhoto.