Résultats du 2ème appel d´offres éolien mer en Allemagne – fin du tarif de soutien dans l´avenir ?

  • L´agence fédérale a publié les résultats le 27 avril 2018 : comme en 2017 l’offre la plus basse était 0,0 c€/kWh. Le montant moyen de l´adjudication était avec 4,66 c€/kWh plus élevé qu´en 2017 (0,44 c€/kWh).
  • Le volume était avec 1610 MW légèrement plus élevé qu´en 2017 (1490 MW) avec 3 projets retenus en mer Baltique (500 MW) et 3 en mer du Nord.
  • Le résultat d´appels d´offres en avril 2018 aura un impact important pour l´avenir car, selon la loi, les prix proposés dans les futurs appels d´offres ne  devraient  pas dépasser l´offre la plus basse en 2018  soit 0 c€/kW

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Fin 2017 l´Allemagne disposait d´une capacité totale de 5 387 MW d´éolien en mer. Un état des lieux au 1er janvier 2018 a été publié par l´ office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE) /1/. Selon le planning actuel, une capacité de 7 700 MW d´éolien en mer sera mise en service d’ici 2020. Les projets sont presque tous attribués.

Une nouvelle loi sur le soutien et le développement de projets éoliens en mer (Windenergie-auf-See-Gesetz) est entrée en vigueur début 2017 (/2/, /3/). Elle prévoit un objectif inchangé de 15 GW de capacité installée d’ici 2030 mais des appels d’offres obligatoires pour tous les projets éoliens en mer pour lesquels la mise en service est prévue à partir de 2021.

Après une phase transitoire (éolien mis en service 2021- 2025) la loi prévoit le passage à un « modèle centralisé » pour la mise en service des projets éoliens en mer à partir de 2026, c’est-à-dire un système où une première analyse et les pré-études sur les sites susceptibles d’accueillir des projets éoliens en mer seront réalisées par l’État. Le tableau1 résume  le planning jusqu´en 2030.

Tableau 1 : Appels d´offres d´éolien mer en Allemagne – mise en service 2021 à 2030

Dates d´appels d´offres Volume mis aux enchères Mise en service prévue
1.4.2017 1550 MW 2021- 2025
1.4.2018 1550 MW dont 500 MW en mer Baltique 2021- 2025
1.9.2021 700 – 900 MW* 2026
1.9.2022 700 – 900 MW* 2027
1.9.2023 700 – 900 MW* 2028
1.9.2024 700 – 900 MW* 2029
1.9.2025 700 – 900 MW* 2030

*) la moyenne annuelle mise aux enchères ne devant pas dépasser 840 MW

Pour assurer une continuité du développement de l´éolien en mer, les appels d’offres de la phase transitoire visaient les projets de parcs éoliens qui était déjà en cours de planification et de développement avant le 1er aout 2016. Au total 3100 MW (des appels d´offres en avril 2017 et avril 2018) ont été attribués pendant cette phase transitoire.

Les résultats des deux appels d´offres publiés par l´agence fédérale de réseaux (/4/, /5/) sont résumés au tableau 2

Tableau 2 : Résultats des appels d´offres d´éolien en mer (phase transitoire)

Avril 2017 Avril 2018
Volume faisant l´objet de l´appel d´offres 1490 MW 1610 MW dont 500 MW en mer Baltique
Montant moyen de l´adjudication (c€/kWh) 0,44 4,66
Montant le plus bas retenu (c€/kWh) 0,00 0,00
Montant le plus élevé retenu (c€/kWh) 6,00 9,83

Comme en 2017 l’offre la plus basse était 0,0c€/kWh. La plus haute était de 9,83c€/kWh, ce qui conduit à un montant moyen de 4,66 c€/kWh plus élevé qu´en 2017. Le volume était avec 1610 MW plus élevé qu´en 2017 avec 3 projets retenus en mer Baltique (500 MW) et 3 en mer du Nord. Le nombre des offrants était plus réduit en 2018, seuls les projets déjà en cours de planification et de développement et n´ayant pas été retenus lors du premier appel d´offres en 2017 avaient le droit de participer aux enchères.

Pour mémoire : les coûts de  raccordement au réseau sont supportés par les gestionnaires de réseaux et financés par le consommateur via le tarif d´utilisation du réseau.

Vers la fin du tarif de soutien de l´éolien en mer ?

Déjà les résultats d´appels d´offres 2017 étaient accueillis avec beaucoup d´étonnement et considérés comme une première mondiale. En effet les énergéticiens Dong Energy /6/ et EnBW /7/ se passeront totalement des soutiens sur les parcs OWP West (240 MW, Dong Energy) , Borkum Riffgrund West 2 (240 MW, Dong Energy) et He Dreit (900 MW, EnBW).

Selon les énergéticiens, la vente au prix du marché n’est rendue possible que par les circonstances très favorables des projets. Non seulement les coûts de raccordement ne sont pas inclus, mais aussi l’échéance envisagée – 2024 et 2025 – laisse le temps de profiter du progrès rapide du développement technologique de l´éolien. De plus le régime de vent de ces champs serait favorable et les deux énergéticiens bénéficieront de synergies avec des parcs qu’ils exploitent à proximité.

Mais le résultat des appels d´offres en avril 2018 aura un impact beaucoup plus important pour l´avenir. Le § 22 (1) de la loi sur le soutien et le développement de projets éoliens en mer (Windenergie-auf-See-Gesetz) stipule /3/ : « …le montant (de l´offre) le plus élevé accepté correspond au montant le plus bas retenu lors de l´appel d´offres d´avril 2018… » c’est-à-dire pour les futurs appels d´offres,  les prix de soutien proposés ne devraient pas dépasser 0 c€/kWh !

Le § 22 (2) de la loi prévoit que l´agence fédérale pourrait modifier la valeur maximale de référence dans la limite de 10% par rapport au montant le plus bas retenu lors de l´appel d´offres d´avril 2018 « …si des éléments nouveaux venaient à indiquer que la valeur serait trop élevée ou trop basse… »

A suivre,  mais les résultats d´appels d´offres en Allemagne auront sans doute une influence sur les prix retenus en France.

 Références

/1/ OFATE Baromètre OFATE de l’éolien en mer en Allemagne, état des lieux au 1er janvier 2018, 13 Mars 2018, https://energie-fr-de.eu/fr/energie-eolienne/actualites/lecteur/barometre-ofate-de-leolien-en-mer-en-allemagne-etat-des-lieux-au-1er-janvier-2018.html

/2/ BNetzA : Win­d­ener­gie­an­la­gen auf See, https://www.bundesnetzagentur.de/DE/Sachgebiete/ElektrizitaetundGas/Unternehmen_Institutionen/Ausschreibungen/Offshore/offshore-node.html

/3/ Gesetz zur Entwicklung und Förderung der Windenergie auf See (Windenergie-auf-See-Gesetz – WindSeeG), 13 octobre 2016, http://www.gesetze-im-internet.de/windseeg/WindSeeG.pdf

/4/ BnetzA, Communiqué de presse du 13 avril 2017, Bundesnetzagentur erteilt Zuschläge in der ersten Ausschreibung für Offshore-Windparks https://www.bundesnetzagentur.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2017/13042017_WindSeeG.html

/5/ BnetzA, Communiqué de presse du 27 avril 2018 : « Ergebnisse der zweiten Ausschreibung für Offshore-Windparks », https://www.bundesnetzagentur.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2018/20180427_Offshore.html?nn=265778

/6/ DONG Energy, Communiqué de presse du 13 avril 2017 : « DONG Energy awarded three German offshore wind projects », https://orsted.com/en/Company-Announcement-List/2017/04/1557851

/7/ EnBW, Communiqué de presse du 13.4.2017 : « EnBW erhält in erster deutscher Offshore-Windauktion Zuschlag für 900 Megawatt starken Offshore-Windpark „He Dreiht“, https://www.enbw.com/unternehmen/presse/pressemitteilungen/presse-detailseite_157185.html

 

 

Retour d´expérience du premier appel d’offres combinant solaire et éolien

Le premier appel d’offres bi-technologies photovoltaïque et éolien terrestre s´est avéré un échec. Seules des offres « photovoltaïque » ont été retenues avec une valeur de référence moyenne de 4,67 c€/kWh. En revanche aucune des 18 offres « éolien terrestre » n’a reçu l’adjudication.

Répondant à un souhait de la commission européenne, l´Allemagne prévoit deux fois par an des appels d´offres pilotes de 200 MW chacun, ouverts à des projets d’éoliennes terrestres et d’installations solaires photovoltaïques /1/.

Les résultats  du premier appel d’offres bi-technologies, lancé en février 2018 ont été publiés par l´agence fédérale de réseau (Bundesnetzagentur) le 12 avril 2018 /2/. Seules des offres « photovoltaïque » ont été retenues avec une valeur de référence moyenne de 4,67 c€/kWh. Les offres retenues varient entre 3,96 c€/kWh et 5,76 c€/kWh. La valeur de référence moyenne du dernier appel d´offres purement « photovoltaïque » en février 2018 était avec 4,33 c€/kWh légèrement inférieur /3/.

Les conditions de participation au premier appel d’offre bi-technologie ont été définies comme suit /4/ :

  • les projets d’installations photovoltaïques doivent afficher une puissance minimale de 750 kW ; la limite de puissance des centrales solaires au sol est fixée à 10 MW, avec toutefois quelques exceptions jusqu’à 20 MW dans des régions touchées par la restructuration suite à l´abandon des centrales à lignite.
  • les projets éoliens doivent afficher une puissance minimale de 750 kW. Contrairement aux appels d’offres selon la loi 2017, les avantages aux sociétés de citoyens et le modèle d´un facteur de qualité en fonction du site réel ne sont pas appliqués. Les offrants ne reçoivent que la valeur de référence proposée dans leurs offres (pay-as-bid). Pour plus d´informations sur les modalités des appels d´offres d´éolien selon la loi 2017 sur les énergies renouvelables voir aussi Énergies renouvelables : de nombreux défis.

Une autre spécificité de cet appel d’offres était, outre sa neutralité technologique, de favoriser des régions où n´existent pas déjà de nombreuses centrales à base d´énergies renouvelables pour limiter les coûts supplémentaires de raccordement au réseau.

Le résultat de cet appel d´offres montre bien que le photovoltaïque est devenu plus en plus compétitif. Les coûts de production des parcs solaires  photovoltaïques d´une puissance supérieure à 750 kW ont baissé de 90% depuis les années 2000.

Fin 2017 la capacité du parc solaire photovoltaïque en Allemagne a atteint 43,4 GW et le photovoltaïque a produit environ 40 TWh, représentant 6,4% de la production nette. Cela correspond à un fonctionnement d´environ 39 JEPP (jours équivalent pleine puissance). A titre de comparaison, le nucléaire a produit l´équivalent d´environ 287 JEPP et le lignite 270 JEPP en 2017 /5/.

Pour plus d´information en français sur l´énergie solaire photovoltaïque en Allemagne, il est fait référence à deux publications récentes /6/, /7/ de l´office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE).

La France elle aussi s’apprête à ouvrir un appel d’offres de 200 mégawatts en métropole continentale auquel pourront répondre des projets éoliens et solaires. Il sera intéressant de comparer les résultats avec ceux outre-Rhin.

Références

/1/ BMWi, communiqué de presse du 12.4.2018 : « Le secrétaire d’État Thomas Bareiß au sujet des résultats du premier appel d’offres commun d’énergie PV et éolienne », https://www.bmwi.de/Redaktion/FR/Pressemitteilungen/2018/20180412-bareiss-zu-den-ergebnissen-der-ersten-gemeinsamen-ausschreibung-von-pv-und-wind.html

/2/ Bundesnetzagentur, communiqué de presse du 12.4.2018 : « Ergebnisse der gemeinsamen Ausschreibung von Wind- und Solaranlagen », https://www.bundesnetzagentur.de/SharedDocs/Downloads/DE/Allgemeines/Presse/Pressemitteilungen/2018/20180411_GEMA.pdf;jsessionid=82F2C111EF7E44CA2807BC61C27C1176?__blob=publicationFile&v=3

/3/ Bundesnetzagentur, communiqué de presse du 20.2.2018 : « Bundesnetzagentur gibt Ergebnisse der Ausschreibungen für Wind und Solar zum Gebotstermin 1. Februar 2018 bekannt », https://www.bundesnetzagentur.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2018/20180220_Ausschreibungen.html?nn=265778

/4/ Bundesnetzagentur, communiqué de presse du 19.2.2018 : « Bundesnetzagentur startet gemeinsame Ausschreibungen für Windenergieanlagen an Land und Solaranlagen », https://www.bundesnetzagentur.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2018/20180219_GEMA.html?nn=265778

/5/ BDEW : Jahresvolllaststunden 2010 – 2017, https://www.bdew.de/service/daten-und-grafiken/jahresvolllaststunden/

/6/ OFATE : « L´énergie solaire photovoltaïque en Allemagne, État des lieux janvier 2018 », https://energie-fr-de.eu/fr/energie-solaire/actualites/lecteur/barometre-sur-le-photovoltaique-en-allemagne.html

/7/ OFATE : Utilisation des surfaces pour les centrales PV au sol en Allemagne, Réglementation en Allemagne, Octobre 2017, https://energie-fr-de.eu/fr/energie-solaire/actualites/lecteur/memo-sur-lutilisation-des-surfaces-pour-les-centrales-pv-au-sol-en-allemagne.html

La transition énergétique : Selon McKinsey l´Allemagne aura du mal à atteindre ses objectifs d’ici 2020 et performe comparativement moins bien que d´autres pays européens

Depuis 2012 McKinsey publie un baromètre semestriel qui analyse la progression de la transition énergétique allemande. Le cabinet s’appuie sur les trois critères du triangle énergétique : la sécurité d’approvisionnement, l’économie et la protection de l’environnement et du climat.  Le cabinet évalue 14 indicateurs sous l’angle de leur progression vers les objectifs prévus pour 2020.

Huit des quatorze indicateurs dans le rouge

Le baromètre actuel publié en mars 2018 n’incite pas à l’optimisme (/1/, /2/).  Douze indicateurs ont évolué depuis la dernière publication en automne 2017 /3/, seuls cinq empruntent la bonne trajectoire au regard des objectifs fixés pour 2020.   Parmi eux figurent l’objectif déjà atteint de 35 % d’énergies renouvelables dans la consommation brute de l´électricité (36,4% en 2017), le nombre d´emplois liés aux renouvelables et à  l´industrie électro-intensive, la réduction des coupures de courant non prévues ainsi que la marge de réserve des capacités de production électrique par rapport à la pointe.

Un léger besoin d’adaptation existe pour l´indicateur « capacité d´interconnexions électriques ». Ce critère, nouvellement introduit, évalue la capacité transfrontalière d’échanges nécessaire pour garantir la sécurité de l’alimentation électrique. La Commission Européenne (CE) retient un objectif de capacité d’interconnexions de  10 % pour 2020 et 15 % pour 2030 pour chaque pays rapporté à la capacité électrique installée : celle de l´Allemagne s´élève actuellement à 7%. Elle est en fort recul depuis 2016 compte tenu du développement massif des énergies renouvelables et des flux en boucle, appelés « loop flows »  dans les pays voisins pour acheminer du courant du nord au sud de l’Allemagne à cause de la lente modernisation du réseau électrique.

Toutefois, selon McKinsey la réalisation des 8 critères d´ici 2020 serait inatteignable :

  • L´objectif national de 40 % de réduction des émissions des gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport à 1990 : l´Allemagne est en 2017 avec 905 Mt CO2 éq. très loin de son objectif de 750 Mt CO2 éq. en 2020. Une cause notable est la baisse insuffisante des émissions des secteurs du bâtiment (chaleur/refroidissement) et du transport.
  • La réduction de la consommation de l´énergie primaire et de l´électricité : une baisse de la consommation de l´énergie primaire de 20% d´ici 2020 par rapport à 2008 est prévue. Avec 13 550 PJ (324 Mtep) en 2017, l´objectif de 11 454 PJ (274 Mtep) en 2020 reste éloigné. De même pour la consommation brute de l´électricité. L´objectif de 553 TWh d´ici 2020 (baisse de 10% par rapport à 2008) est avec 600 TWh en 2017 inatteignable et en hausse par rapport à 2016.
  • Les coûts des interventions des gestionnaires des réseaux allemands relatifs à la stabilisation du réseau : le critère de McKinsey est de ne pas dépasser les coûts de 2008, à savoir 1 € par MWh de l´électricité produite sur la base des énergies fatales (éolien, solaire). Au premier trimestre 2017 les coûts s´élevaient à 13,11 €/MWh.
  • Les prix de l’électricité pour les ménages et pour l´industrie : en 2017 les ménages allemands, avec une consommation située entre 2500 kWh et 5000 kWh, ont payé 30,5 ct/kWh contre 20,4 ct/kWh en moyenne dans le reste de l’UE et l’Allemagne est désormais le pays européen, avec le Danemark, où l’électricité est la plus chère. Le prix pour les industries non privilégiées (càd celles qui ne sont pas électro-intensives), pour les sites industriels moyens avec une consommation entre 20 et 70 GWh reste, à 9, 72 ct/kWh, supérieur à la moyenne européenne (8,46 ct/kWh). La fiscalité représente avec 54 % pour les ménages et 45% pour l´industrie la part la plus importante du prix de l électricité en Allemagne.
  • Le coût de soutien des énergies renouvelables : la subvention aux énergies renouvelables atteint 6,9 ct/kWh en 2017, alors que l´objectif était de ne pas dépasser 3,5 ct/kWh en 2020. Une légère baisse à 6,79 ct/kWh est prévue pour 2018 mais il faudra attendre 2021 – lorsque les anciennes installations, les plus coûteuses, sortiront de la garantie de subvention après 20 ans – pour observer une baisse significative.
  • La construction à l’horizon 2020 des lignes de transports d’électricité : alors que la valeur cible de McKinsey pour 2020 est de 3582 km, sont construits 879 km (état au 30.09.2017) dont seulement 63 km nouveaux depuis le premier trimestre 2017.

L´Allemagne perd son rôle pionnier dans la transition énergétique

Sur le plan international, l´Allemagne obtient également de moins bons résultats dans les compétences de la transition énergétique selon le nouveau « Energy transition Index 2018 » publié en mars 2018 par le WEF (Forum Economique Mondial) qui classe 114 pays en fonction de la qualité de leur transition énergétique (/2/, /4/) sur la base de 40 indicateurs développés par McKinsey en coopération avec le WEF.

Le bilan de la transition énergétique est évalué dans la catégorie « System Performance » à partir des critères du triangle énergétique sur la base de 17 indicateurs,  parmi lesquels :

  • la durabilité environnementale du système
  • le potentiel de croissance et de développement économiques
  • la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie

La catégorie « Transition Readiness » utilise 23 indicateurs pour évaluer les conditions générales de chaque pays pour la préparation à la transition énergétique, par ex. institutions, réglementations, investissements, infrastructure énergétique.

L’ensemble des résultats de chaque pays est intégré dans un classement global  le « Energy transition Index » permettant une comparaison directe de la performance du système énergétique actuel et du niveau de préparation à la transition énergétique globale de chaque pays.

Le résultat peut paraître surprenant. Le classement est largement dominé par l’Europe du Nord et de l’Ouest (voir figure 1).

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Figure 1 : Energy Transition Index 2018 – Classement des pays selon les catégories principales /2/, /4/, /5/

Le forum économique mondial place l’Allemagne seulement à la 16e position avec un top 10 exclusivement composé de pays européens, au premier rang desquels la Suède, la Norvège et la Suisse.  La France se positionne à la 9e place des pays les mieux préparés pour la transition énergétique globale.

Seule une analyse de détail permet de montrer les forces et les faiblesses de la transition énergétique allemande. Dans la catégorie « Transition Readiness » l´Allemagne se place à la 11e position grâce à une bonne préparation et des institutions et réglementations solides.

En revanche, dans la catégorie « System Performance » l´Allemagne se situe à la 44e position donc plutôt en milieu du peloton des pays étudiés. En effet l´Allemagne est confrontée à des défis majeurs concernant la structure du système énergétique. L’électricité allemande reste très dépendante des combustibles fossiles, notamment du charbon actuellement nécessaire pour assurer la sécurité d´approvisionnement suite à la décision de la sortie accélérée du nucléaire. L´Allemagne n´atteindra pas l´objectif principal de la transition énergétique, à savoir la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d´ici 2020 et pâtit de prix de l’électricité élevés suite au surfinancement des énergies renouvelables pendant des années.

Le nouveau gouvernement allemand qui a pris ses fonctions mi-mars 2018  doit prendre des mesures pour réengager la transition énergétique sur la voie du succès.

Références

/1/ McKinsey, Energiewendeindex, https://www.mckinsey.de/energiewendeindex#

/2/ Vahlenkamp, Thomas; Ritzenhofen, Ingmar; Gersema, Gerke; Kropeit, Julia : « Energiewende global – Was Deutschland von anderen Ländern lernen kann « , Energiewirtschaftliche Tagesfragen (3/2018), https://www.mckinsey.de/files/et_maerz_2018_ewi.pdf

/3/ Hurel, Tristan : « Transition énergétique allemande : les indicateurs sont au rouge », SFEN, 10.10.2017, http://www.sfen.org/rgn/transition-energetique-allemande-indicateurs-rouge

/4/ World Economic Forum : Fostering Effective Energy Transition – A Fact-Based Framework to Support Decision-Making, Mars 2018, http://www3.weforum.org/docs/WEF_Fostering_Effective_Energy_Transition_report_2018.pdf

/5/ World Economic Forum : « Fostering Effective Energy Transition – Energy Transition Index 2018 », http://www3.weforum.org/docs/WEF_Fostering_Effective_Energy_Transition_Index_2018.pdf

pour plus d´informations voir aussi :

Le paysage énergétique allemand en 2017 (mise à jour du 27 mars 2018)

Énergies renouvelables : de nombreux défis

Contrat du gouvernement de grande coalition – quels objectifs en matière de climat et d´énergie? (mise à jour du 14 mars 2018)